LA REVUE SOCIALISTE sans étre encore considérable, est donc, aujourd'hui, assez importante. Il existe beaucoup d'associations déjà anciennes, disciplinées, ayant des chefs expérimentés, ayant prouvé, à leurs débuts, au milieu des privations, la puissance de la solidarité de leurs membres, ayant assis, par le succés, de bonnes méthodes et de fortes traditions. L'arche sainte de ces sociétés, c'est la Chambre consultative des associations ouvrières de production siégeant à Paris et où chaque association peut puiser d'utiles conseils et de salutaires exemples. Leur meilleur appui, c'est la Banque coopérative de Paris, sœur cadette de la Chambre consultative et dont le capital, dû presque tout entier à un géné~eux philanthrope, devrait être quadruplé par l'effort des coopérateurs et mis, par des succursales vigilantes, à la portée des associat~ns de province. Je ne veux point reprendre ici, monsieur le ministre, les conseils devenus banals, mais restés essentiels, sur l'importance de la fonction de gérant et la nécessité d'une forte discipline. Ce n'est point par des conseils, mais par une longue pratique, que notre élite ouvrière se convainc peu à peu qu'être libre ce n'est pas repousser toute discipline, mais choisir une règle, et, l'ayant adoptée, être assez maître de soi pour s'y plier. Toutefois, parmi les résultats mis en lumière par l'enquête, il en est un d'ordre très pratique et qui n'est point révélé par les tableaux de chiffres; c'est celui-ci, sur lequel je crois devoir appeler l'attention : la gestion commerciale, l'ordre et la régularité de la tenue des bilans et comptes ne sont pas prises ordinairement à leur juste valeur et beaucoup de mécomptes procèdent de cette faute. A chacun son métier; il faut (et il y a déjà dans certaines associations) non pas seulement des travailleurs manuels, mais des associés techniques, adaptés par leurs études aux diverses fonctions industrielles et commerciales. C'est là le sens des mots nouveaux « association intégrale i>; ils signifient que l'on comprend et que l'on apprécie la valeur de tous les concours nécessaires à la réussite d'une association de production. BELGIQUE Collectivismecommunal. - Un vieil usage de la Lorraine belge A Tintigny et dans tout le pays gaumet, les maisons sont construites en calcaire jurassique; c'est une pierre jaunâtre et sableuse que l'on trouve partout sur les lieux et qui est habituellement extraite des terrains communaux. Si celui qui fait bâtir une maison n'est pas dans l'aisance, ou bien si l'on se trouve a une époque de l'année où les travaux des champs ne permettent pas de se procurer facilement les voitures nécessaires pour le transport des pierres, on organise une caruâye. Tous les charretiers de bonne volonté prennent jour un dimanche matin, pour conduire gratuitement les pierres de la carriere au village; la plupart s'y trouvent des l'aube et le premier arrivé reçoit un bouquet garni de rubans, dont il orne le collier de son cheval de tête. Il va sans dire qu'il est fait a tous ceux qui participent a la caruâye une large distribution de rafraîchissements et même de victuailles. Cette coutume est une réminiscence de la vieille solidarité com-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==