LA REVUE SOCIALISTE socialistes français, que je sais gré à M. Brunetière de ne pas confondre avec le cosmopolitisme, est conditionné par l'internationalisme des socialistes des autres pays. J'ose ajouter que la situation de la France dans une Europe socialisée et pacifiée serait autrement honorable que celle que lui a faite le gouvernement <leM. l\[éline et la diplomatie de M. Hanotaux. M. Brunctiere se demande enfin cc qu'est un «intellectuel» et à quel titre celui qui prend cette qualité prétend juger des choses qui ne sont pas de sa spécialité. Il aurait pleinement raison si, pour défendre i\1. Zola, on a\'ait vu se lever uniquement les « intellectuels » adonnés par exemple à la microbiologie, ou ceux qui font de la linguistique leur occupation. Mais il voudra bien me concéder que les choses ne se sont point passées ainsi et que ce n'est pas au nom de leur spécialité littéraire ou scientifique ou pédagogique que les maitres de la littérature, de la science et <le l'enseignement supérieur ont protesté contre les jugements des conseils <le guerre, mais au nom <le l'équité, dont le sentiment doit être d'autant plus éclairé en eux qu'ils participent à une culture plus élevée. Dans ce procès qui a si bien mis en lumiérc les positions respectives et indiqué à chacun son dcYoir ou son intérêt, les hommes d'aujourd'hui et <le demain, écrivains, savants, professeurs, se sont trou\'és en face des hommes d'hier et d'aujourd'hui, prêtres, magistrats, militaires. M. Brunetière, qui est un « intellectuel )), se sent dépaysé un peu. Ce n'est pourtant pas la faute à Voltaire. Eh bien, si, pourtant. Qu'avait-il à faire de défendre Calas! Funeste exemple! ... * * * La Revue de Métapbysique et de Morale continue la scne des articles de M. Tarde sur les lois sociales. On sait ·que cet écrivain a trouvé d'ingénieux pseudonymes sociologiques aux deux grandes lois de l'évolution : l'hérédité est par lui dénommée imitation ou répétition, et la sélection, opposition. Les lecteurs de la Revue savent quelle importante contribution il a ainsi apportée à la science sociale, car cc n'est pas seulement les mots qu'il a renouvelés, mais les significations qu'il a étendues et précisées. Il est certain que la sociologie ne peut avoir le vocabulaire <lel'histoire naturelle, et il est encore plus certain que l'histoire sociale, pour obéissante qu'elle soit aux lois générales qui réglent tout développement organique, présente une autre complexité que la biologie. C'est pour avoir voulu appliquer étroitement le vocabulaire et les moyens de cette dernière science à l'étude des sociétés humaines que certains savants mués en socio-
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