REVUE DES REVUES compagnies de Jéhu et autres trestaillonneries. Ceux qui contestent n'ont qu'a aller demander en Algerie ce qu'y coûte en ce moment la vie d'un juif. Les juifs, enfin, sont un peu causes de l'antisémitisme. Il est de fait que s'il n'existait pas de sémites, l'antisémitisme n'existerait pas non plus. Cette raison de La Palisse po"urrait suffire à M. Brunetiere : elle n·e déparerait pas l'ensemble de ses arguments sur cette question. Il daigne nous en fournir une autre: l'arrogance des juifs à faire l'aveu public qu'ils sont, depuis des siecles, « avec la sagacité de l'opprimé », les artisans de destruction du dogme catholique et que telle parole prononcée « dans l'ombre du Ghetto ,, a pour écho le « sarcasme de Voltaire. » Étrange peuple autant qu'étrange religion, qui ne fait pas de prosélytisme, refuse de se recruter par adhésion, propage la • libre pensée et s'en vante! • Du rôle joué par les grands juifs dans la formation capitaliste, pas un mot. M. Brunetiere a craint sans doute de contrister les principaux actionnaires de la Revue des Deux Mondes en examinant la face économique de l'antisémitisme, la seule pourtant dont se couvrent ses adhérents dans leur grande masse? Non, ce n'est pas cela tout à fait. M. Brunetiere, sachant ce que l'antisémitisme « recouvre de pré- _ jugés 1:iéréditaires, d'appétits honteux, de passions basses ,,, a voulu le décrasser et lui donner une raison d'être métaphysique et sociale, tout au moins en apparence. Dés lors nous avons un bon et un mauvais antisémitisme. Le mauvais, c'est celui qui montre le poing à M. de Rothschild; le bon, c'est celui qui épouse les filles d'Israël et ne donnera de places qu'à ceux qui feront leurs Pâques. Dans la seconde partie de son article, M. Brunetiere nous démontre que la démocratie et même le socialisme sont trés compatibles aYec l'existence de l'armée et des disciplines militaires. Que les individualistes, les anarchistes, soient contre le régime .militaire, il le conçoit. Mais nÔus qui sommes pour la « nationalisation du sol » ou des « moyens de production», pourquoi nous prononcer contre les armées de « métier ,, qui « sont le phalanstére » et contre les armées nationales qui sont la c< socialisation des moyens de défense,, ? L'argument serait pour nous séduire s'il n'y avait de socialistes qu'en France et si l'avenir ne leur était promis dans tous les pays de civilisation occidentale. Il est certain qu'une France socialiste au milieu d'une Europe demeurée capitaliste aurait à recommencer le formidable effort militaire de la France républicaine d'il y a un siécle. Mais les nations européennes sont, à peu de chose prés, au même plan d'évolution socialiste, et je ne vois pas :pourquoi dans le futur concert européen, basé sur le respect des nationalités, la France aurait à demeurer armée au .milieu des nations voisines désarmées. L'internationalisme des
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