LA REVUE SOCIALISTE autres réunissent un grand nombre d'officiers et leur demandent de se joindre à eux pour faire une trouée. « Un à un les officiers supérieurs s'esquivaient, laissant capitaines et lieutenants poursuivre au milieu des cris, comme de grands enfants, leurs débats stériles. » Ainsi, par le fait de MM. Margueritte, le spectacle lamentable de l'effondrement des états-majors s'ajoute, pour notre édification, au tableau de la Débâcle des régiments, fait par Émile Zola d'après le5 souvenirs de Sarrasin et les autres documents originaux. * * * M. Édouard Rod, avec son Essai de Gœtbe « !'Olympien », nous conduit loin des passions et des douleurs contemporaines. Pendant les sept années ou Napoléon occupa l'Allemagne, Gœthe était l'un des administrateurs du duché de Weimar. Ni les souffrances de l'Allemagne, ni les guerres, ni les entrevues qu'il eut avec Bonaparte, n'ébranlèrent la sérénité « olympienne » dont il s'enveloppait. Olympisme tout extérieur, dit M. Rod. D'abord Gœthe fut plusieurs fois amoureux et mit ses amours en romans, Werther, par exemple, et les Affinités élect-ives. On avouera que c'était là un sentimentalisme doux et égoïste, un sentimentalisme à l'allemande fort compatible avec une vie de contemplation. Mais, reprend M. Rod, et c'est là qu'il conclut, Gœthe, vers la fin de sa vie, le 6 juin 1831, disait à Eckermann que la clef de Faust, son grand œuvre, est dans la strophe du chœnr des Anges : « Il est sauvé, le noble membre du monde des esprits, sauvé du malin : celui qui s'efforce en une constante aspiration, celui-là nous pouvons le racheter. » « Que ce soit bien là l'idée fondamentale de Faust, ajoute M. Rod, on n'en saurait douter. » Soit, mais le sens de la strophe est bien vague, et ne suffit pas à faire changer le jugement que nous portions sur Gœthe .. Il faut le considérer comme un homme du dix-huitième siècle, épris de philosophie sereine et de beauté antique, égoïste sans doute et fermé à la genéreuse ardeur de propagande qui animait Schiller, mais en tous cas affranchi de bien des préjugés qui ont reparu depuis. Autour de lui se-formaient les nouveaux romantiques, amoureux du Moyen-Age, troublés d'un mysticisme religieux et nationaliste, les gens de la jeune Europe et du mouvement patrioticodéiste de 1830 à 1848. Nous ne sommes pas Olympiens et il est probable que nous ne le deviendrons jamais, mais nous sommes plus éloignés du romantisme et-du mazzinisme que de l'esprit gœthéen. GEORGES DALBERT.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==