La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

• REVUE DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE 471 La Reviewof Reviews de Londres commence une série de portraits des principaux «leaders» socialistes d'Angleterre et d'Amérique. La série débute par John Burns, dont il est question dans l'article de Tom Mann, sur « la Grève des mécaniciens·». Le portrait littéraire est accompagné de photographies et de caricatures qui présentent John Burns sous ses différents aspects : enfant, jeune homme, en famille, en réunion publique. C'est une question de savoir si John Burns a des relations généalogiques avec Robert Burns (dont la Review of Reviews nous donne, à cette occasion, le portrait). Burns (Robert) est une des gloires de la poésie anglo-saxonne. Il est connu, dans les manuels littéraires, sous la dénomination de « barde d'Airshire ». Il ne serait pas étonnant que des recherches généalogiques sérieuses décèlent, en effet, la parenté. Le fait est que John Burns ne s'en est jamais occupé; il date de luimême, il est un ancêtre. « Si j'écris leur histoire, ils descendront de moi », disait Alfred de Vigny de ses problématiques ascendants. John Burns n'a pas même cette ambition poétique. Il n'écrit pas l'histoire de sa maison, il contribue pour sa part à faire l'histoire du peuple anglais que d'autres écriront pour lui. Il commença tôt à peiner, a dix ans (les lois protectrices de l'enfance n'étaient pas votées) il entrait a l'usine. Il était ouvrier en chandelles. Le métier était trop simple, il réussit bientôt a le changer contre celui de mécanicien. Ce n'était plus alors un enfant, c'était un jeune homme. Sa vie publique commença. Les condamnations et les emprisonnements commencèrent du même coup. A la suite d'un premier discours socialiste, à Rochford, il fut traduit devant « Old Bailey Court » la cour de Londres. Je m'attendais bien, dit-il devant la cour, dès l'âge de seize ou dix-sept ans, a être, un jour ou l'autre, traduit devant les autorités pour répondre du crime d'avoir pris la défense de la classe a laquelle j'appartiens. » Cette prévision fut pleinement remplie. Mais John Burns attendit l'âge de trente ans sonnés avant d'être effectivement mis en prison pour propagande socialiste. Les juges avaient eu pitié (faut-il dire pitié ?) de son jeune âge. Un fait curieux, c'est que John Burns prit conscience de son so• cialisme après la lecture des œuvres de John Stuart Mill. Effet en retour. Voici comment s'exprime Burns : « C'est Mill qui a fait de moi un socialiste (ceci avant la publication des œuvres posthumes de Mill, où il manifeste une tendance nettement socialiste). C'est après avoir lu l'exposé de Mill contre le socialisme que j'arrivai à cette conclusion: mais je suis socialiste! Il me sembla, en effet, que si le plus profond des penseurs et le plus habile des écrivains n'avait rien à dire que cela contre le socialisme, la cause était jugée. Bien entendu, j'avais auparavant des tendances, mais j'hésitais. Il y avait un saut a faire, comme

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