j, ' LA REVUE SOCIALISTE un plongeon. Mais quand j'eus soigneusement lu tout ce qu'on peut dire contre le socialisme, ma décision fut prise : je fis le plongeon; je devins et je reste socialiste. » Burns entra dans la vie active. Sans aucun doute, son œuvre au cc County Council » et au Parlement devient dès lors plus importante que ses réminiscences de jeunesse. Il n'est pourtant pas sans intérêt de constater qu'il est resté fidèle à ses admirations littéraires d'adolescent, amplifiées depuis : il rend hommage à ses éducateurs intellectuels: Mill, qui l'a converti au socialisme en le combattant ou paraissant le combattre; Paine, Owen, Cobbett, Carlyle, Ruskin qui furent ensuite ses professeurs d'humanité et de moralité. Burns ne resta pas en place. Après avoir, dans son enfance, cc fait la connaissance approfondie de la pire misère », comme il dit luimême, il tenta de s'évader : il partit à l'Est-Africain. Il fut mécanicien sur les bords du Niger. Il y fit la chasse aux serpents à sonnettes. Ce n'est pas une plaisanterie. Voici le témoignage d'un de ses compagnons, Parkin : « Je fuyai devant un gros serpent, quand je fus arrêté dans ma déroute peu glorieuse par le rire méprisant d'un camarade d'atelier qui s'empara d'une pelle et fit la chasse au serpent qui me chassait; d'un coup bien asséné de la pelle, il fendit le serpent en deux. Ce camarade d'atelier était John Burns. >> Il circule une légende à propos de la vocation de Burns. Étant en Afrique, à Akossa, il trouva sous les fondations d'une vieille machine un exemplaire, très détérioré, de la Richesse des Nations, d'Adam Smith. Ce fut une trouvaille, en effet, et Burns garde l'exemplaire comme un souvenir de famille. Mais il n'avait pas attendu so;1 départ en Afrique et cette découverte inattendue pour s'occuper d',économie politique et faire son choix. Entre temps Burns se maria. Puis commencèrent ses voyages à travers l'Europe, qu'il connait, ainsi que Tom Mann, pour y être entré en relations personnelles avec les ouvriers des différents pays, France, Allemagne, Autriche. C'est après ces pérégrinations et ces expériences qu'il se fixa à Battersea ou plutôt que' ses électeurs l'y fixèrent. Il y fut d'abord ce que nous appelons ici quelque chose comme conseiller municipal, membr~ du cc County Council >>. Ensuite, une ligue du travail s'étant fondée à Battersea, sous ses auspices et grâce à sa propagande ( 1889), il fut (1894) élu à la Chambre des Communes. Il profita de ses vacances pour faire un tour en Amérique, comme député des Trade- Unions. Les élections générales approchent. John Burns se présente à Battersea. Il faut souhaiter qu'il soit réélu au Parlement. Il y représentera le tradeunionisme élargi, tel que le définit Tom Mann dans son article sur la « Grève des mécaniciens ».
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