LA REVUE SOCIALISTE • l'article que nous résumons : « Notre patrie », d'Ernst Hardek. La conclusion mérite d'être citée; elle est empruntée à Engelbert Pernerstorfer. Parlant de Frédéric Engels, il s'exprime ainsi : « Son esprit a embrassé le monde, et il est resté Allemand. Il a plus aimé sa patrie que ces patriotes de meurtre (mords patrioten) qui mesurent la grandeur de la patrie aux monceaux de morts ennemis. Elilgels n'i.':tait pas ainsi, nous non plus. Nous Youlons que la grandeur de notre patrie soit mesurée à la part qu'elle a dans l'affranchissement des peuples. Et cette part, nous cherchons passionnément à l'agrandir. C'est ainsi que nous aimons notre patrie, c'est notre façon à nous d'être « patriotes». * * * Le Neue Zeil est arrivé à l'âge adulte, il atteint ses seize ans cette année même. Ceci est pour dire, car il se fit remarquer des la premiere heure par la maturité de ses écrivains. Ce ne fut jamais une revue de jeunes, il fallut toujours avoir fait ses preuves pour y écrire, avoir ses états de service pour y combattre le bon combat. Un nom connu est une garantie morale. Nous ne prétendons pas que le Neue Zeil ait fait une concession quelconque à l'excellente intransigeance .socialiste. Pourtant, des progres et des transformations ont eu lieu ; elles sont frappantes. Le cadre du Neue Zeit s'est élargi. Nous le prenons luimême à témoin : le Neue Zeil entre dans sa sciziéme année. On lui a donné le titre de revue scientifique de la social-démocratie allemande. Ce titre, nous ne l'avons jamais pris, nous avons seulemen~ fait nos efforts pour le mériter. Mieux encore, les sympathies du monde du travail en ont fait l'organe de la social-démocratie mondiale (c'est un des progres que nous signalions) ; mais le Neue Zeit n'est pas seulement une revue scientifique, c'est une revue politique, une synthésc de la presse quotidienne (voici encore une transformation). Davantage: le Neue Zeit ouvre de plus en plus ses colonnes aux questions de métaphysique, de sciences naturelles, de technique, d'art, de littérature. C'est de ce dernier domaine, nouvellement conquis, que nous voudrions aujourd'hui dire quelques mots. Nous pensons que le socialisme est en même temps une doctrine et une tendance. La doctrine est à la fois science et polémique (la science sociale est plus polémique que toute autre). La tendance sociali~te peut se faire jour dans la métaphysique, la poésie et le roman, d'ou la science et la polémique sont absentes. La métaphysique et l'histoire de la métaphysique (les deux sont inséparables) peuvent-elles être renou velécs par l'esprit socialiste? Oui, sans doute. Et c'est ce qui semble bien résulter de travaux récents parmi -lesquels on citera la Philosopbie grecque au point de vue du.
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