LES SOCIALISTES ET LES PARTIS SOCIAUX EN AUTRICHE 46r 1 fait pour surprendre; même en tenant compte que ces milieux étaient le centre de toute leur activité. A plusieurs reprises des troubles avaient éclaté dans les faubourgs de la capitale, des magasins israélites avaient été saccagés aux cris de : Mort aux juifs! La colére grondait sourdement dans toute la BasseAutriche qui était la contrée la plus sympathique à l'antisémitisme. Dans les autres parties de l'Autriche, en Bohême particuliérement, ces principes n'avaient pas pu prendre pied. La question de nationalité y domine exclusivement. D'ailleurs, un manifeste adressé aux juifs de Bohême_ par leurs coreligionnaires, membres du Reichsrath, de la Diéte, des chambres de commerce, engageait ces derniers à prêter leur concours aux revendications nationales tchéques. « Notre religion, y était-il dit, déjà garantie par la nouvelle loi sur l'organisation des consistoires israélites, ne pourra atteindre tout le développement désirable sans l'aide de la puissante idée nationale. Nous convions Jonc tous nos coreligionnaires à soutenir de tout leur pouvoir la propagation de la langue tchéque à l'école et dans l'Église. )) Ils terminaient : « Les Israélites de Bohême comme ceux de Hongrie ont tout intérêt à soutenir la cause nationale >>. La lutte pour l'indépendance d'un peuple ou d'un pays est autrement noble et digne que les tristes querelles religieuses. Les Tchèques l'ont fort bien compris. Toutefois, en Basse-Autriche, le haut clergé n'est pas entiérement acquis aux opinions du docteur Lueger. L'archevêque de Vienne, Mgr Gruscha, en une circulaire relative aux électiqns de 189 I, interdisait aux prêtres de son diocèse d'accepter un'e candidature ayant un caractére antisémite. Lueger et ses amis vitupérent contre cet archevêque qu'ils accusent d'être un libéral. A ces petits incidents d'autres vinrent s'ajouter. Les cléricaux purs reprochaient au prince Lichtenstein d'abandonner le projet de loi sur les écoles et qualifiaient son attitude de désertion. D'autre part, M. Schœnerer, qui était inéligible, faisait sa rentrée sur la scéne politique en partant en guer,re contre ses anciens subordonnés à qui il ne pardonnait pas de l'avoir remplacé à la tête du mouvement. C'était surtout M. Vergani, directeur du Deutsche Volllsblatt, quotidien antisémite, qui avait encouru sa rancune. Lueger, Pattai, Fogl ne furent pas épargnés par leur ancien chef. Seul M. Turk trouva grâce à ses yeux. Ces malentendus n'entraînèrent pas de conséquences fâcheuses au point de vue électoral. Les élections de mars I89r, dans la BasseAutriche, amenérent huit des leurs au Reichsrath. Dans la Hautt'- Autriche, les libéraux l'emportaient sur toute la ligne. Ils recueillaient un total ·de treize mandats, représentant un gain de quatre sièges
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