LA REVUE SOCIALISTE prêchant la guerre sainte contre Judas. Un des premiers et des plus connus, le fameux chevalier Schœnerer, par la plume et la parole, aida à la propulsion de ce mouvement. Un journal hi-mensuel, Unverfalscbte Deutsche Worte, fut fondé et atteignit un tirage de plus de 18,oooexemplaires. Des militants, parmi lesquels Vergani, Lueger, Pattai, Folg, etc., vinrent à lui. L'action redoubla et amena l'élection de Scr.œnerer et de Furnkrariz au Reichsrath. En mars 1888, à la suite d'une agression contre la Nette Wiener Tagblatt, le fougueux chevalier fut empriso!rné. Ses amis n'abandonnerent pas la bataille, mais l'autorité de leur chef fut sérieusement compromise. Vergani et Lueger lui succédèrent dans 1~ direction du parti. * * * Sous leur direction, le nombre· des élus s1accrut sensiblement à chaque renouvellement, au détriment des libéraux. Les villes se montraient plus rebelles que les campagnes qui votaient en masse pour eux grâce à un travail continu. En peu de mois, leurs idées avaient fait des progrès remarquables. Lors des élections pour les collèges ruraux, en 1890, les libéraux, maîtres jusqu'à ce jour des conseils municipaux, avaient failli être mis en minorité par les candidats de la coalition Lueger-Lichtenstein. A Vienne, les candidats libéraux au nombre de six étaient elus par 5,261 voix, à une majorité de pres de deux tiers des votants sur les chrétiens sociaux. « Depui~ quinze mois, écrivait un organe, la coalition des antisémites et des clericaux avait fait dans tous les camps de la société une propagande inouïe. Les caisses des grands seigneurs et celle des évêques fournissaient les fonds, aussi les électeurs ruraux travaillés ardemment se sont-ils laissé séduire et n'ont guére nommé que des candidats de la coalition. Dans les villes, la victoire reste au parti libéral malgré l'agitation antisémite qui y règne depuis deux mois. Les agitateurs donnaient réunion sur réunion, organisaient des meetings et ne se lassaient pas de distribuer des brochures discréditant le parti libéral. Le fameux docteur Lueger était à la tête du mouvement. Ancien libéral, il est arrivé après plusieurs transformations politiques à devenir le leader de la ligue contre les libéraux. Il a gagné à ses doctrines la moitié de la population de Vienne en y mêlant quelque peu de socialisme. « La coalition a réussi à arracher sept sièges aux libéraux qui jusqu'à présent représentaient seuls Vienne à la Diète de la BasseAutriche. La nouvelle Diete compte 42 libéraux, 30 antisémites et cléricaux. » Un semblable résultat dans l'espace de quelques années etait bien
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