LA REVUE SOCIALISTE esprits on inscrivit la grève générale à l'ordre du jour de la conférence. L'ouvrier Neumann lut un rapport dans lequel il prétendait que par l'action légale on n'obtiendrait jamais rien. Le docteur Adler répudia le principe de la grève générale, accusant ses fen·ents d'avoir un penchant pour l'anarchie. On ne se prononça pas et l'assemblée inclina pour le maintien pur et simple du programme d'Hainfeld. Mais cette réunion n'eut pas le résultat qu'on en attendait. Son but avait été d'aplanir les difficultés intimes, de ramener dans le giron du parti les indépendants de Bohême, de Styrie et de Pologne. Or, les premiers ne désarmaient pas. Les nationalités n'acceptaient pas les résolutions prises à l'assemblée. La situation, de ce côté, restait donc la même. D'autre part, Pernerstoffer, Ellemborgen et leurs partisans firent décider que la question de la grève générale reviendrait au congrès de 1894. Ils formulèrent également leur résolution de défendre les droits du peuple, non plus seulement par des paroles, mais par des actes. A la conférence de 1894, Adler se montra leur adversaire résolu. Pour obtenir la réforme électorale, répliqua le député Ellemborgen, il faut décréter la grève générale. On s'occupera plus tard de la journée de huit heures. La discussion fut vive et longue, les opinions très partagées. On se prononça pour la grève, <c abstraction faite de la question de la mise à exécution ». Le clan PernerstofferEllemborgen obtenait ainsi un semblant de victoire. La lutte pour l'octroi du suffrage universel, qui commandait l'union la plus étroite, neutralisa l'effet de cette décision. Les chefs comprirent que l'accord était utile, indispensable, en une période aussi critique. Ellemborgen, au congrès de 1896, résumait l'avis dominant en affirmant <c qu'en présence de l'agitation pour la réforme électorale on avait jugé convenable d'écarter pour le moment cette question ». Quant aux groupes indépendants de Bohême, de Pologne et de Styrie, ils persistaient dans leurs sentiments nationalistes. V L'ANTISÉMITISME Ce mouvement, qui s'est si rapidement répandu, principalement en Basse-Autriche, tire des événements présents un regain d'actualité. • Il est depuis des années l'adversaire acharné du socialisme. Le clergé a été l'instrument le plus utile à sa propagation dans les. provinces et les campagnes, où son pouvoir est considérable. La noblesse s'est jointe à lui pour jeter l'anathème sur Israël.
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