LES SOCIALISTES ET LES PARTIS SOCIAUX EN AUTRICHE 457 Kronawetter n'est pas un socialiste, il s'intitule démocrate et sa vie entière témoigne hautement de son amour pour le peuple. Les clauses essentielles du programme de la nouvelle Société précisaient nettement ses sentiments politiques : Établissement du suffrage universel ; liberté complète d'association de la presse avec suppression <lu cautionnement et des saisies préalables; séparation de l'Église et de l'école ; égalité de l'enseignement primaire et gratuité complète; protection assurée aux citoyens contre la supériorité économique des capitalistes; institution des assurances par l'État; rétablissement de la paix entre les nationalités fondée sur le respect de toutes, etc., etc. La prospérité de la Société fut aussi courte que brillante. En décembre de la même année, un décret du gouverneur de la BasseAutriche prononçait sa dissolution. Motifs : « Violation de ses statuts par la Société qui s'était ouvertement compromise avec les ennemis de l'ordre, les socialistes. » Ses membres continuèrent à lutter avec les socialistes. IV DISSIDENTS ET INDÉPENDANTS Il est peu d'exemples qu'un agrégat d'hommes ayant un idéal commun n'ait eu à traverser des divisions intestines. C'est une fatalité inhérente au développement et à la vitalité d'une doctrine, d'une idee en voie d'évolution. Quel est le mouvement, à quelque ordre qu'il appartiennè, qui n'a eu ses querelles et ses schismes? Le socialisme autrichien a ses fractions dissidentes. En Bohême, en Styrie, en Pologne, les questions de nationalité l'emportent chez la plupart des socialistes sur les sentiments internationalistes. Ils se refusent, tant leurs passions sont aiguës, ù fraterniser avec leurs frères d'Allemagne, et forment, un peu en dehors du mouvement, une section ombrageuse et indépendante. Tous les tiraillements socialistes ne découlent pas uniquement de cette conception particulière. La grève générale, ce facteur de discorde, a de fidèles partisans au sein des bourses et des syndicats ouvriers,· qui la représentent comme la condition nécessaire et suffisante à l'effondrement de la société qu'une évolution lente, mais efficace, serait trop longue à transformer. Deux députés socialistes, Pernerstoffer et le docteur Ellemborgen, sont à la tête de ce clan qui a failli, en maintes occasions, désunir le parti. Ces dissentiments étaient tels, au commencement de 1892, qu'une rupture semblait imminente. Pour l'éviter et apaiser les
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