454 LA REVUE SOCIALISTE On s'occupa ensuite de la propagande à faire dans la classe ouvriere, dans les campagnes où les adhérents étaient rares. Le docteur Verkanft et l'ouvrier Schumeier, retracèrent la triste situation qui était faitli:aux quatre millions de paysans d'Autriche. Schumeier, terminant son discours, s'écriait : « Le grand ennemi des socialistes dans les campagnes, c'est le clergé qui maintient les paysans dans l'ignorance et le fanatisme. Ce sont les prêtres qu'il faut combattre et vaincre pour assurer le triomphe de la religion socialiste dans la classe agricole. » Le rapport sur la marche des idées contenait des renseignements intéressants sur les progrès de la presse socialiste. On disposait, en 1894, de vingt et un journaux politiques; en 1896, de vingt-huit. Ces vingt et une feuilles avaient un tirage total de 72,000 ex~mplaires, qui s'élevait à 95,800 deux années plus tard. L'apparition quotidienne ·de l'Arbeiler Zeilung dénotait un sensible accroissement de lecteurs. La vente de ce journal atteignait le dimanche jusqu'à 22,000 exemplaires. Les recettes et les dépenses, pour l'année 1895, s'étaient ainsi balancccs; recettes 419,623.60, dépenses 407,292; seul le droit de timbre exigeait un débours de 102,000 francs. La comparaison des publications professionnelles, entre 1894 et 1896, n'était pas moins satisfaisante. On comptait, en 1894, vingtneuf organes corporatifs divers, avec un tirage global de 9,500 numéros. En 1896, le chiffre des journaux professionnels s'élevait à trentedeux et le tirage montait à r II, 300. Entre temps, la campagne ardente menée pour l'ctablissement du suffrage universel, aboutissait. Le comte Badeni, :après avoir vu repousser un premier projet d'organisation électorale, était parvenu à faire élaborer par une commission du Reischrath un second projet qui fut adopté, lequel contenait les dispositions générales suivantes: Le corps électoral comprenait deux catégories d'électeurs : la première, formée par les contribuables payant un impôt direct audessus de cinq florins. Ge taux constituait jusqu'à ce jour le minimum donnant droit au vote. La seconde classe renfermait les :ouvriers membres des caisses publiques de secours en cas de maladie. La première recevait tren.te-quatre, la seconde treize mandats. Ce qui portait le contingent de trois cent cinquante-trois à quatre cents députés. Le total des électeurs de la première classe est évalué à 1,202,844, celui de la seconde à 6,000,000. Les socialistes ne manquèrent pas de protester contre une réforme pareille. De nombreux meetings furent tenus, ou l'on revendiqua le suffrage pur et simple étendu à tous les citoyens. Il fallut se courber devant la décision du gouvernement. Le lendemain du vote de la loi, les socialistes ouvrirent la
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