La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LES SOCIALISTES ET LES PARTIS SOCIAUX EN AUTRICHE 453 3° notre programme et notre conduite politique; 4° libres propositions et discussions de ces propositions. Une vitalité nouvelle semblait se manifester dans les différentes parties de l'Autriche. On s'apercevait que les mesures répressives n'avaient pas tué le socialisme. Il apparaissait plus ferme et mieux organisé. . Le suffrage universel, si ardemment réclamé, était plus que jamais d'actualité. L'assemblée de Vienne (1881) lui consacra sa première séance. Au rapport lu à l'ouverture, figurait l'apparition dans la capitale (1890), d'une feuille hebdomadaire, moitié revue, moitie journal, dieArbeiterZeitung (la GazettedesOuvriers). Elle remplaçait die Gleichet tomb~e sous le coup des amendes et des mois de prison. En la même ville était né Fachblattder Dechsler(Journal corporatifdes Tourneurs), traitant de la politique sociale et des intérêts corporatifs. On relatait l'éclosion à Reichemberg (Bohême) de Der Fregeist(!'Esprit libre), publication de libre pensée à tendance socialiste et reflétant les sentiments de la fraction du parti jeune tchéque qui se déclarait hussite (disciples de J. Huss) et inclinait vers la libre pensée et le comniu111sme. Le congres repoussa, en se séparant, la motion du groupe socialiste nationaliste tchèque, demandant la modification du programme d'Hainfeld, dans le sens d'une organisation nationaliste. Par contre, on condamnait l'agitation nationaliste au sens du parti démocratique et l'on décidait l'e1woi de délégués aux assises internationales de Bruxelles. • Les congres de 1892 et de 1894 n'eurent qu'une faible importance relativement à celui de 1896 qui a assis le parti sur des bases nouvelles. Deux cents délégués assistaient à ses séances tenues à Prague. On lisait a son ordre du jour : 1° nécessité de consolider et d'étendre l'organisation syndicale; 2° de l'inutilité des coopératives de consommation, de leur inocuité; 3° de la situation des ouvriers agricoles; 4° du congrès de Londres. L'adoption du projet Pokorny donna à l'organisation du parti l'élasticité qui lui faisait défaut antérieurement.« Les commissaires éliront des délégués qui 1 formeront les conseils d'arrondissement. Ceux-ci réunis nommeront les conseils provinciaux qui, à leur tour, éliront les délégués au congrès. Un comité de neuf membres sera chargé des affaires du parti. Tous les groupes jouiront d'une autonomie assez étendue, les Tchèques, les Polonais, garderont aussi leur autonomie, mais dans les cadres d'une organisation collective. Désormais les seize membres du comité directeur émaneront de toutes les nationalités autrichiennes afin d'accorder satisfaction aux droits et aux vœux désirés de chacune d'entre elles. »

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