LES SOCIALISTES ET LES PARTIS SOCIAUX EN AUTRICHE 45 I se trouvait consigné cet aveu : « L'expérience a demontre que les idees socialistes sont trop repandues en Autriche pour pouvoir être endiguees par des mesures ordinaires. » Cette répression eut pour conséquence la disparition de certaines feuilles ainsi que la dissolution de quelques unions. De ce nombre fut l'association des ouvriers en métal, une des plus importantes par le chiffre de ses adeptes. La propagande socialiste, étroitement surveillée, s'adapta aux circonstances et se transforma. Les membres des groupes disparus se retrouvaient dans les sociétes de secours mutuels toutes trés nombreuses. A Vienne, le club politique « die Wahrheit » (Vérité) était le rendez-vous des ouvriers. Le parti conservait trois journaux hi-mensuels, Volksfreund, à Brünn, l'Arbeistenli1111e,Rov11ost imprimé en langue tchèque. Enfin, un dernier venu (décembre 1886), Die Gleichet, paraissant dans la capitale les samedis. Son programme etait bref et précis : « Reconnaissance de la solidarité des classes travaillei.:ses de tous les pays, formation de la lutte des classes. » Dirigé et fondé par le docteur V. Adler, il enregistrait parmi ses collaborateurs Bretchneider, Karl Kausty, H. Braun. C'était l'organe du socialisme scientifique d'Autriche. Quelques mois plus tard (février 1888), Die Gleicbet et BœliherZeitung étaient saisis. Ce dernier recevait le baptême du• feu à son premier numéro. On signalait, en outre, quatre publications corporatives à tendances socialistes. Cependant, les persécutions toujours plus ardentes poussaient les socialistes, à l'exemple de. leurs frères d'Allemagne, à serrer leurs rangs. Les publications du parti firent un appel à leurs lecteurs les invitant à se rend.e au congrès qui aurait lieu à Hainfeld le 1 3 octobre 1888. « Le but du congrès, était-il dit, sera de constituer plus fortement le parti socialiste autrichien et de le mettre en mesure d'obtenir des résultats plus considérables que par le passé. » On voulait unir en un seul faisceau tous ses membres, à quelque nuance qu'ils appartinssent. On cherchait un terrain d'entente pouvant concilier ceux qui attendaient beaucoup de l'action politique et ceux qui la repoussaient. Les socialistes tendaient à délaisser un peu le champ économique ppur la voie politique. L'ordre du jour portait: 1° le socialisme et la presse; 2° les principes fondamentaux de la démocratie socialiste; 3° la protection des ouvriers par la loi ; 4° l'organisation industrielle; 5° les chambres ouvrières; 6° les écoles et le socialisme. Chaque délégué se présentant muni d'une carte personnelle de la part du docteur Adler, la conférence revêtit un caractère privé. On échappait ainsi aux tracasseries policières. Soixante-huit à soixantedix délégués y représentaient les différentes régions du royaume. On en remarquait 22 de Vienne, 5 de la Basse-Autriche, 5 de la Haute-
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