La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

450 LA REVUE SOCIALISTE et la guerre intestine continuait. Elle se termina par la· défaite complète du parti libéral social d'Oberwinder. La crise industrielle de 1873, jointe aux discordes intérieures, porta un coup terrible au socialisme. Le développement des idées subit un marasme relatif. Les militants ne trouvant plus à s'employer quittèrent le pays. Privé de ses meneurs, le mouvement tomba en léthargie durant des années. On comptait encore, à ce moment, plus de cent unions dans les diverses provinces et vingt-six journaux. Un réveil parut s'opérer en 1875, à Vienne, où se tint un congrès secret. On y fixa les grandes lignes d'un programme et d'une organisation d'un « parti ouvrier socialiste d'Autriche » calqué sur celui des socialistes allemands. Tant de coteries se formèrent au sein de ce parti naissant qu'on décida, à la réunion d'Atzgersdoff (1877), de transporter le comitè directeur à Reichemberg ou a Gratz. Cc ne futque trois ans plus tard, à la conférence de Gulienfeld (1880) près Brünn, qu'on le reporta à Vienne. Ses membres refuserent <le se prononcer dans la discussion entre les socialistes démocrates de Zurich et de la Frebeil de Londres, que l'intervention <les représentants allemands avait rendue fort vive. On laissa à chacun la liberté de se rendre au congres international à son choix. Les associations, qui pour l'Autriche: seule étaient en I 879 de deux cent deux, s'élevaient à deux cent vingt-quatre à la fin de l'année 1880, dont onze constituées par <les paysans. Les progrès étaient encore pénibles et un malaise général régnait parmi les socialistes. La situation pour 1882 était sensiblement la même que celle de l'année précédente. « Des unions nouvelles, écrivait un rédacteur de la Cbristilch Sociale Blatter, ont remplacé celles que la police a dissoutes; a la place des journaux supprimés nous en voyons d'autres, les anciens chefs reparaissent et dirigent l'agitation, les mêmes orateurs pérorent dans les nombreuses assemblées, les mêmes publicistes tiennent la plume dans la presse, on emploie les mêmes moyens pour arriver à une organisation plus forte pour se mettre en relation avec le socialisme international, enfin pour étendre de plus en plus le mouvement aux ouvriers, aux artisans, aux paysans. » Les années qui suivirent entraînèrent une recrudescence de sévérité. En 1885, le ministère, sur l'injonction des libéraux, présentait au Reichsrath un projet de loi contre le socialisme. La découverte d'un complot anarchiste, en 1886, servit de prétexte à son adoption. Dans l'exposé des motifs qui était comme la préface de ce projet

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