!.ES SOCIALISTES ET LES PARTIS SOCIAUX EN AUTRICHE 449 ateliers les ouvriers sont soumis a la même exploitation, aux mêmes lois économiques,... c'est pourquoi les ouvriers des différentes langues, races, nations doivent s'unir. » En septembre de la même année, le comité du troisième congrès de l'Internationale, siégeant à Bruxelles, recevait deux lettres d'adhésion : l'une au nom de sociétés ouvrières et signée Wilhem Angostcin, rédacteur en chef de I' Allgmei,m Volkszeitu11g, à Vienne; la seconde émanait du comité du parti social démocratique. Les deux lettres reconnaissaient les principes internationalistes et se plaignaient des lois restrictives qui empêchaient les travailleurs de s'affilier en masse. Le socialisme international autrichien poursuivit sa marche ascendante. Un compte rendu de 1869 accusait trente mille membres dont dix mille pou1 Vienne seulement. Les réunions se succédaient, des journaux se fondaient ainsi que de nombreuses unions principalement dans les grands centres. En février, l'association des ouvriers tchèques adhéra à l'Internationale et étendit ses ramifications à Prague. Les résultats furent tels qu'Oberwinder et Scheu purent se présenter au congrès d'Eisenach (août 1869) au nom de 98,607 associés. Aux assises de Bâle, les ouvriers se firent représenter par Ncumayer. Des mesures oppressives furent alors édictées contre les propagateurs du mouvement; elles venaient trop tard pour être efficaces. Les socialistes avaient plus à souffrir des anarchistes pour qui toutes les compromissions étaient bonnes, que des violences des dirigeants. Les persécutions durèrent jusqu'à l'avènement du ministère Hohcnwart, dont Schreffie faisait partie. A son arrivée au pouvoir, cc cabinet donna de belles espérances aux travailleurs. Pour les soustraire à l'influence de l'Internationale, il provoqua la constitution d'un parti fédéraliste divisé par nationalités. Il y eut un commencement d'exécution, un programme fut même publié en cc sens. Les prolétaires se lassaient des promesses qui ne se réalisaient pas. Ils retournèrent aux libéraux qui, a\"ec leur aide, renversèrent le ministère Hohenwart. Malheureusement ils s'attardèrent avec eux jusqu'en 1873. Des tiraillements entre Oberwinder et Scheu, les deux principaux chefs, amenaient la division du parti. Le premier, très lié avec les libéraux, préconisait une politique coopératiste presque nationaliste, il attendait tout des réformes et de l'évolution des esprits. Cc parti qui s'avouait marxiste ne fut jamais très prospère. Les internationalistes révolutionnaires dont Scheu incarnait les principes sympathisaient avec les anarchistes dans la lutte à outrance contre les modérés. Cette fraction plus prospère et plus vivace avait pour organe la Gleicheit. La condition des ouvriers devenait de plus en plus misérable
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