LA REVUE SOCIALISTE dire avortée, de 1830, la révolution d'idces transcendantes qu'il salua encore, en 1832, des dernières gouttes d'encre de sa plume défaillante, prête à tomber d'une main qu'envahissait le froid de la mort prochaine. Les sciences mathérnatiq ucs ne b~néficicnt pas moins quc les sciences naturelles, au début du dix-neuvième siéclc, de la direction philosophiquement poussée aux généralisations, aux abstractions supeneurcs, imprimée aux esprits par le dix-huitième. Dans cet autre champ de l'investigation intcllcctuellc ensemencée par le saYoir conscient, appuyé sur la méthode, on se montra gra11d parce qu'on porta loin ses regards tombant de haut, parce qu'on conçut nstc dans l'éclairage d'un large angle de vision, parce qu'on embrassa en un ensemble superbe tout cc que la transcendance de la raison, en quelque sorte élevée au-dessus d'elle-même par la grandeur comprise de sa mission, pouvait faire sie11. Le gènic de la Rholution joua un rôle important ici. Au nom de la patrie a sauver, il fait appel aux hommes de science, et de leur enthousiasme porté par les circonstances :i sa dernière puissance naissent des découvertes de tous genres. Puis cc sont les beaux travaux amenés par le décret de l'unité des· poids et mesures. Puis cc sont d'incomparables créations destinées a la régénération des intelligences par les effets d'une instruction encyclopédique largement et égalitairemcnt répandue : école centrale, ccolc polytechnique, ccole normale, écoles primaires, muséum, musée des monuments français, etc., etc. Enfin surtout, cc sont les entraves de la routine et des préjugés, les défiances et les dédains nés du cantonnement et de l'aristocratique esprit de corps, brises et remplacés par un généreux esprit de solidarité générale entre les hommes éclairés ou a éclairer de toutes catégories comme de tous pays. C'est l'expansion humaine du sayoir grandissant établie sur les débris de petites chapelles propres à des cervaux étroits, à leur taille. Il n'est plus interdit:\. Moncre d'cnseicrncr 0 0 publiquement la géométrie descriptive inventée par lui. Il n'ctait plus fo1:céde dire tristement :\.ses élèves, comme en 1780 : « Tout cc que je fais ici par le calcul, je pourrais l'exécuter avec la rcgle et le compas; mais il ne m'est pas permis de vous révclcr ces secrets. » La Révolution avait étc nécessaire pour clelivrer cette n_ouvcllc branche des mathématiques de la main-mise dessus par le génie militaire. Comment s'ctonner que le forçat scientifique dès préjugés corporatifs de l'ancien régime, libéré par cette Révolution, se fit, clés la première heure, un de ses fervents et un de ses ènthousiastcment dévoués! Révolutionnaire, il l'était, d'ailleurs, de génie. On a pu écrire de lui qu'il prenait impétueusement d'assaut, forçait la science (Poinsot
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