0 LA FAMILLE IDÉALE 44r domestique dans laquelle la femme est encore tenue par nos mœurs, nos lois et sa propre éducation. Souvent ces différences mentales disparaissent par l'effort éducateur de l'homme, mais combien plus souvent persistent-elles, s'aggravent-elles de tout l'effort que fait l'homme pour s'élever plus haut par l'esprit et par le cœur, tandis que sa conjointe, enlisée dans son inculture et dans son égoïsme animal, use ses forces et emploie ses ruses pour le ramener à elle. Il ne reste plus alors à l'homme que la résignation ou l'évasion dans un autre amour, libérateur de son être entier enfin reconquis. VII CONDITIONS SOCIOLOGIQUES DE LA PRÉFÉRENCE Les conditions sociologiques de la préférence, le chapitre précédent nous en a suffisamment avertis, appartiennent à la catégorie psychologique, dont elles sont en quelque sorte le prolongement et le complément, les conditions sociologiques étant une combinaison totalisée et généralisée des conditions psychologiques qui, nous l'avons vu, synthétisent et complétent les conditions physiologiques auxquelles elles sont inséparablement attachées. De même que les conditions ethnologiques de la préférence sont des généralisations annexes des c~nditions physiologiques, les conditions sociologiques sont des généralisations annexes des conditions physico-psychologiq ues. Mais tandis que les conditions ethnologiques s'harmonisent à la catégorie physiologique en y in_troduisant d'ailleurs un schéma psychologique-car, répétons-le, l'absolu dans ces phénoménes n'existe que pour les besoins de la classification, - les conditions sociologiques de la préférence, par suite d'une équilibration sociale défectueuse, s'opposent à leur catégorie et semblent ainsi en, sortir pour former une catégorie distincte. Si nous voyons rarement, en effet, la préférence psychologique pure prendre le pas sur la préférence physiologique quand il y a égalité de situation entre l'individu apte à préférer et les individus sur qui s'exerce sa faculté de préférence, nous voyons fréquemment, assez fréquemment pour que de la généralité de ce phénomérie une loi puisse être extraite, les impulsions de la nature et de la raison contrariées et même abolies par l'inégalité des conditions. Tel jeune homme pauvre ne préfére pas telle femme riche à d'autres plus jeunes, plus belles, plus intelligentes et meilleures parce qu'il est la victime d'une erreur dè ses sens et de son jugement;, il sait bien qu'elle ne répond pas à l'idée qu'il se fait de la beauté, de l'intelligence et de la bonté; mais l'absence de ces qualités est compensée pour lui par une qualité d'ordre pure-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==