LA FAMILLE rotALE 433 dent les ennemis de tout idéalisme. Cette conception de la plastique féminine, si importante en matiere de préférence amoureuse, est née et s'est développée dans des conditions absolument normales dans chaque milieu ethnique différent. L'idéal plastique grec dont nous avons hérité et que nous avons modifié est assurément plus complexe que l'idéal plastique chinois ou congolais. Pour notre civilisation occidentale, la femme de tàille élancée, acix hanches en forme de lyre, aux menus et hauts seins piriformes, répond à la double conception que nous avons des fonctions de la femme, qui_sont à la fois d'une ménagère et d'une amoureuse. Il y a dans ces formes, que l'art d'autrefois cristallisait en des canons immuables, une adaptation inconsciente mais très réelle, _de l'être féminin au rôle qu'il devait remplir. L'art moderne, qui n'observe pas <le moins près la _vie que l'art antique, n'a rompu qu'en apparence avec ces canons; il leur en a substitué d'autres, qui correspondent à la plus grande variété de formes née d'une plus grande différenciation des fonctions de la femme, mais il n'en est pas moins demeuré que, pour notre civilisation européo-américaine, en dépit des outrances d'un idéalisme maladif et d'un réalisme qui substitue les portraits aux types et des individus quelconques à l'espèce, il y a un idéal de beauté plastique et que cet idéal .est conditionné par notre sens héréditaire, modifié par de constantes acq uisitions, de l'harmonie des formes, c'est-à-dire de leur adaptation à des gestes et à des fonctions déterminés. C'est pour des motifs semblables, bien qu'elles produisent d'autres résultats que, entre autres perfections qu'il tente d'obtenir chez la femme, le Chinois attache un trés grand prix à la petitesse des pieds, fût-ce au prix d'une hideuse mutilation. La femme chinoise, ornement du gynécée, n'a pas besoin de marcher, puisque les travaux domestiques ne sont pas son fait. De même la Soudanaise est d'autant plus admirée qu'elle pèse davantage et peut moins se mouvoir sous la surcharge de graisse qui constitue, aux yeux des siens, sa principale beauté. On voit, par ces exemples, que les conditions physiologiques de la préférence peuvent s'additionner de conditions sociales, et que celles-ci, même, peuvent déterminer des conditions physiologiques spéciales. Viennent ensuite, comme mobiles de la préférence, la forme du visage, la nuance de la peau ou le teint, la couleur des yeux et des cheveux, la taille, etc. Ces conditions sont variées à l'infini, car nul ne se croit tenu de préférer, en vertu des canons de l'art, sa préférence eût-elle des mobiles purement physiologiques'. Elles sont variées à l'infini, non qu'elles soient innombrables, mais parce qu'elles forment entre elles des combinaisons à l'infini. Reste enfin l'aptitude à l'acte sexuel. C'est un lieu commun de constater les trop nombreuses incompatibilités sexuelles qui résultent
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