La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

434 LA REVUE SOCIALISTE de la disconvenance des organes respectifs. Dans notre société, ces. incompatibilités purement physiologiques ont des conséquences d'autant plus graves que l'éducation catholique et ses injustes mépris de la chair sont la pour empêcher les conjoints de réparer leur erreur. Beaucoup plus logiques, beaucoup plus sains selon la nature et aussi selon l'ordre dans la société, sont ces fiancés du centre de la France, qui ne s'épousent que quandi ls se sont essayés et éprouvés, non seulement au point de vue psychologique et social, mais encore au point de vue physiologique. Il vaut mieux voir sourire de cette coutume primitive que voir pleurer silencieusement les victimes de l'incompatibilité sexuelle que le mariage a rivées ensemble et que nous sayons trop quelle fausse pudeur empêche de se libérer pour courir aux joies. complètes de l'amour. VI CONDITIONS PSYCHOLOGIQUES DE LA PRÉFÉRENCE Pour l'observateur superficiel, la préférence sexuelle est à ce point mystérieuse qu'il lui paraît impossible d'en classer les conditions. Si donc on lui dit qu'il en est qui sont d'ordre psychologique et si, commençant leur énumération, on lui cite d'abord celles qui prennent directement leur origine dans les impressions physi'ques, dont elles sont comme le retentissement prolongé et fixé dans notre cerveau, cet observateur impatient triomphe et associe injustement a son triomphe la thcse monistique qui n'est pas en cause ici et qu'il ne peut être question de subverser. Tout d'abord, et afin de dissiper de semblables malentendus, affirmons qu'il n'est jamais entré dans la pensée de l'auteur de ce travail - toutes les pages qui précèdent en témoignent suffisamment - d'opposer la psychologie à la physiologie, ni de subordonner celle-ci a celle-la, ni de les différencier essentiellement. La psychologie n'est et ne peut être autre chose que la physiologie cérébrale. Elle est donc le complément nécessaire de la physiologie, les lois générales de l'une et de l'autre sont identiques, et identiques les méthodes d'investigation et les procédés de classement de phénomènes qui les constituent a l'état de science. Ajoutons ensuite que la limite qui sépare absolument la sensation du sentiment, l'impression physique de l'impression cérébrale qui lui est consécutive avec une telle rapidité que nous avons l'illusion de leur simultanéité, cette limite-là n'existe que dans notre esprit et pour la nécessité du classement des phénomènes. Donc rien d'étonnant que des affinités ou des oppositions de tempérament, en matière sexuelle. comme en tout

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