LA FAMILLE IDÉALE LA FAMILLE IDÉALE (Suite) V CONDITIONS PHYSIOLOGIQUES DE LA PRÉFÉRENCE La préférence, en matière sexuelle, est une acquisition des espéces animales chez qui les rapports sexuels sont parvenus a leur degré le plus élevé d'é\-olution, c'est-a-dire se sont éloignés davantage en cette matière de l'état primitif. Le degré d'évolution amoureuse n'est pas toujours en rapport avec le degré <l'cvolution générale. Les chiens, par exemple, sont dans l'échelle des êtres a un rang plus élevé que les pigeons; or, ceux-ci manifestent une préférence amoureuse qui se traduit par la fidélité devenue proverbiale clcs conjoints, tandis que ceux-la ont acquis une telle réputation d'indifférence sur le choix de leurs relations sexuelles qu'elle est devenue également proverbiale. Ne nous vantons pas trop tôt de notre supériorité sur ces amis de l'homme : s'ils ont pris à notre contact quelques-unes de nos qualités et beaucoup de nos défauts, de notre côté et sans que leur répugnant exemple nous fût un encouragement, au contraire, nous leur demeurons semblables, pour un trop grand nombre encore, par une voracité sexuelle qui s'assouvit sans aucun des caractères de la préférence. Un fait, véritable phénomène de survivance de l'état d'indiscernement sexuel qui fut général dans notre espèce, nous en donne la preuve intime, vivante en notre conscience, malgré les hypocrisies sous lesquelles nous l'enfouissons. Ce fait est le suivant : Un homme ne peut se trouver en face d'une femme nubile sans que son instinct, a défaut de sa pensée, qui parfois suit avec complaisance l'avertissement de la nature, le porte immédiatement vers le sexe qu'elle est avant tout pour lui. Moins spontané que le chien, il flaire sous-mentalement le sexe de sa congénère, fût-il le plus chaste et le plus réservé des hommes. Pour l'immense majorité, l'émotion produite par le sexe contraire s'arrête a cet inté-
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