La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

424 LA REVUE SOCIALISTE Corrieredi Napoli, le passage suivant d'un article intitulé : « La lutte pour le pain. » « En Italie, une grande misére existe. Elle est produite en partie par le mangue de travail et en partie par le fait que le tr:ivail est en moyenne trcs peu rémunéré. Le budget domestique des classes inférieures de notre peuple se trouve réduit à des proportions minimes, à des proportions qui le plus souvent représentent seulement, et grâce à beaucoup de sacrifices, la satisfaction des besoins les plus élémentaires de la vie. Si pour une raison quelconque vous augmentez le passif de ce budget avec un petit renchérissement de ce qui répond aux premières nécessités - le pain quotidien - voici que même les plus grands sacrifices ne suffisent plus. » Il ne faut pas croire que cette appréciation désolée ait été déterminée par les conditions spéciales de l'Italie du Sud. En effet, le correspondant de Rome a envoyé par dépêche au même Corrieredi Napoli, à la date du 20 janvier, ce qui suit: « On est très préoccupé dans les sphcres gouvernementales des désordres des Marches, sur lesquelles ont déjà été adressées plusieurs interpellations a la présidence de la Chambre. « On dit que selon les premières nouvelles arrivées au ministère de l'intérieur, la cause principale de ces désordres réside dans les partis extrêmes qui depuis quelque temps travaillaient a les susciter. « En général, cependant, on fait remarquer que la cause première, l'a cause véritable des troubles, doit être cherchée dans le malaise profond _qui pèse sur toutes les classes sociales au milieu de la déchirante misère du peuple. « Et pour en avoir la preuve irréfutable il n'est pas nécessaire de se rendre sur les lieux où la faim a provoqué les désordres; il suffit de faire un tour dans les rues de Rome, même dans les rues principales, même dans le Corso. Ce ne sont pas les habitués de l'aumône, bien que je ne croie pas trop a ce métier et que je soie convaincu que celui qui tend la main obéit à un besoin impérieux. Ce sont, au contraire, des hommes vigoureux, dans la pfeine force de l'âge, des jeunes gens qui vous abordent et, a voix basse, humiliés, honteux, vous demandent la charité, n'ayant pas mangé depuis deux jours. « Or, on remarque que si la misère est la cause véritable des désordres, la responsabilité doit en remonter aux gouvernants qui, toujours occupés a faire de l'alchimie parlementaire, en vue de garder un peu plus longtemps le pouvoir, n'ont jamais trouvé et ne trouvent pas le temps d'étudier les besoins du pays. » Il y a là plus qu'il n'en faut pour se faire une idée exacte des conditions économiques et des souffrances qui ont déchaîné les dernières ~meutes en Italie. C'est pour cela que je m'abstiens de reproduire

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==