MOUVDIENTS SOCIAUX EN ITALIE de la cote foncière, tandis que la Sicile et le Midi seront gre,·es d'autant. * * * Il y avait en Italie toutes les conditions nécessaires pour qu'éclatassent ces protestations de l'estomac. La mauvaise récolte du blé en r 897 et le renchérissement du prix du pain ont étc l'étincelle qui met le feu aux poudres. Afin de comprendre comment et pourquoi cette cause nouYelle a agi partout si rapidement, il faut rappeler ce fait capital : en Italie la consommation moyenne du blé, qui était déjà inférieure à celle de la France et de l'Angleterre, a diminué continuellement depuis 1870-74. Elle était pendant cette période de 145 kilogrammes et se réduisit en I 897 à II 9 kilogrammes ( 1). N'est-il pas évident q lle cette quantité de blé était insuffisante à satisfaire le besoin le plus élémentaire, celui de manger, pour une population qui consomme très peu de viande? L'augmentation d'un tiers du prix du blé monté de 20 à 30 francs l'hectolitre, et le renchérissement du prix du pain qui s'en suivit devaient nécessairement déchaîner la faim dans toute son inexorable cruauté. Cependant les souifrances des classes travailleuses ne peuvent être mesurées sur les seules données statistiques concernant le prix du pain et la diminution de sa consommation. Le prix élevé de 40 i 50 centimes le kilogramme ne suffirait pas par lui-même à provoquer la faim. Jadis le blé et le pain étaient encore plus chers et on ne s'en ressentait pas aussi vivement. Aujourd'hui, au contraire, la faim frappe aux portes des travailleurs et elle ne serait pas moins inexorable, même si le pain coûtait moins cher. Ce qui manque, ce sont les moyens d'achat, toujours très rares, quand ils ne font pas entiérement défaut. Là est le grand malheur, le fait qui rend la situation très triste et les remèdes très difficiles. Cette situation a été très bien résumée par l'Avanti, de Rome, qui faisait ainsi parler les personnages d'un de ses. desseins. « Nous voulons le pain à sept sous! - Très bien : vous l'avez, le pain à sept sous. Et maintenant?- Et maintenant, nous voulons les sept sous pour l'acheter! ii On pourrait croire que le pessimisme socialiste a exagéré de partipris la situation dans ce dialogue. Pour écarter tout doute, je reproduis textuellement, d'un des journaux conservateurs les plus sérieux, le (r) M. Jean Pallia (Les droits sur les blés. et le renchérissement du pain, dans Rivisla popolare, n° du 30 décembre 1897) a exposé avec la plus grande exactitude toutes les données relatives à cette question et a été cité par plusieurs orateurs pendant la dernière discussion entamée il la Chambre à propos des droits sur le blé. • /
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