La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

MOUVEMENTS SOCIAUX EN 1TALIE d'autres documents - qu'on pourrait trouver par centaines dans les journaux de tous les partis. Je vais donc clore ce récit de la faim et de la douleur en touchant un mot des protestations formulées par les classes aisées. Je trouble ainsi l'ordre chronologique des événements, mais c'est ici que cette mention doit trouver place; clic me permettra d'achever le tableau de la situation économique. Les travailleurs, dont les souffrances sont trés aiguës, n'ayant pas d'autres moyens pour les faire connaitre, descendent dans la me, où ils manifestent tumultueusement. Les classes moyennes - petits propriétaires, employés, industriels, commerçants, boutiquiers, etc. - souffrent, elles aussi, quoique moins que les prcmicrcs, mais elles ont toujours le moyen de faire entendre leurs Yoix; elles ont même un trés grand intérêt à éviter des désordres qui, si on sait comment ils commencent, laissent ignorer comme ils finiront. Cependant les conditions de ces classes conscn·atrices empirant, menacées encore de plus en plus par les exigences toujours croissantes du fisc, ses membres voulurent, à leur tour, descendre dans la rue. Leur manifestation contre l'accroissement de l'impèt sur le revenu eut lieu à Rome, au cours de l'automne dernier, et fut grandiose par le nombre des personnes qui y prirent part. Elle s'acheva tragiquement, tout comme une simple manifestation de meurt-de-faim, parce que, à la suite d'un petit ._assaut livré contre le palais Braschi, résidence du ministérc de l'intérieur, la troupe intervint, laissant sur le pavé un mort et plusieurs blessés. Et ici une petite observation. On comprend la protestation violente des travailleurs, affamés, illettrés, privés des droits du vote; celle de la bourgeoisie n'est ni logique, ni honnête, parce que, si l'Italie souffre, nous le devons principalement à cette bourgeoisie, détentrice du pouvoir. Or, c'est elle qui a voulu et soutient toujours la monarchie, une grande armée, des travaux publics pour tous nos petits Rougon-Macquart, une politique coloniale, la Triple Alliance, la guerre de tarifs avec la France .... Tout cela coùte trés cher. Celui qui l'a voulu doit payer et souffrir en silence : il n'a aucun droit de protester. * "' * J'arrive à la conclusion de ce long examen. Y a-t-il des remèdes contre ce malaise économique de l'Italie ? Lesquels? Ce n'est pas ici le lieu de discuter les mesures radicales qui devraient aboutir à la transformation poursuivie par les socialistes. Il faut examiner les remédes, ou, pour mieux dire, les palliatifs sur la base de l'organisation sociale actuelle. Il en est de ridicules. En effet,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==