LA REVUE SOCIALISTE S:\Ufbien rarement, on ait indiqué de remèdes précis. Ceux du Latium, au contraire, avec une rare concordance, se sont développés en même temps qu'étaient mises en ayant des propositions qui, au jugement <les intéressés, dcYaicnt réussir à éliminer ou a atténuer leur misère. Presque partout, en effet, les insurgés ont demandé: l'cmphythéosc ou le métayage et le fermage direct des terres p,1rtagées en petits lots, disparition <les grands fermages, de l'intcrmé<liairc - le 111crca11ti di campng11n, comme on le nomme dans l'État romain - qui s'enrichit en sous-affermant ou en cultivant directement et toujours en exploitant à la dcrnicre limite le pauvre ouvrier des champs. Sur la préférence à donner a l'emphytéose, ou au métayage, ou au fermage par petits lots, cc n'est pas le cas de discuter; l'emphytéose et le fermage de toute sorte supposent un capital, si petit soit-il, indispensable; ils ne sont pas rcalisablcs sans l'institution parallèle d'institutions de cré<lit qui permettent aux preneurs d'emphytéose et aux fermiers <le se soustraire aux grifTes des usuriers. L'emphytéose et le fermage à petits lots peuvent alléger les miscrcs présentes, à condition que les termes de l'emphytéose et du ferraagc soient très modércs et que les impôts soient diminués. i\1ais contre l'une et l'autre de ces indications se dresse l'intcrêt et l'aYiditc des grands propriétaires et les exigences d'un fisc rapace et sans pitié. Deux autres gra,·cs obstacles s'opposent a la réalisation des vœux des paysans du Latium. Les propriétaires ne trouvent pas a leur convenance la conception de l'emphytéose, parce que, à force de fractionner la quote-part de la terre, se fractionne dans la même proportion le taux de la rente, jusqu'à ce qu'il se Yolatilisc et devienne inexigible. A cela on pourrait obvier en acceptant la proposition de M. Aguglia : par une modification des lois sur les communaux de province, il Youdrait que les municipes eussent le droit de prendre directement en cmphytcosc les terres des grands propriétaires près desquels ils resteraient garants du paiement du taux; ils les sous-concéderaient ensuite aux paysans. L'intervention des communes dans l'espèce ne m'épou,·ai1te pas, tant s'en faut; le service de la terre est un ser\'ice public fondamental. i\1ais il est évi<lent que si l'emphytéose reste régie par les lois actuelles, le moment arriYcrait en effet ou le taux deviendrait inexigible, même par les communes, et celles-ci se trouveraient ruinées faute de paiement. A la ruine du petit propriétaire serait substituée la ruine de la commune, résultat peu désirable. Mieux vaut donc modifier la loi actuelle de l'emphytéose, si on croit cette dernière utile, et revenir à l'antique solidarité des tenants pour le paiement du taux. Ce n'est pas tout. Le propriétaire refuse l'emphytéose parce qu'avec elle il renonce à la hausse constante Je la valeur de la terre,
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