LA REVUE SOCIALISTE ainsi qu'en Italie on a vn des militaires faire l'office de poseurs de voies ferrées, de minotiers, de boulangers; on en a vu dans la province de Cremone qui trayaient les vaches. Je m'arrête: tous mes commentaires ne feraient qu'atténuer l'énormité de cette conduite: un gouvernement qui a su accoupler, contre les grévistes, la brutalité soldatesque des temps barbares et la cruauté raffinée de b concurrence ouvrière dans la phase capitaliste. Les conditions de la lutte entre ouvriers et patrons rendent presque inutile l'entente et l'organisation de ces derniers : les patrons, sans avoir besoin d'accord, ont raison de l'ouvrier. Le« lock-out» n'est donc pratiqué que dans des circonstances spéciales et exceptionnelles. Il y a quelques cas de fermeture de fabriques jetant sur le pavé quelques milliers d'ouvriers; ordinairement il ne s'agit pas de conflits èntre le capital et le travail - mais bien entre le fisc et les industriels. Alors on voit une indigne comédie jouée avec une grande habileté par quelques chefs d'industrie; ils se croient taxés à l'excès, autant dire volés, par l'impôt sur la richesse mobilière et pour obtenir une réduction ils exercent une pression sur le gouvernement en le menaçant d'une grève qui peut produire de graves désordres. Qu'il s'agisse, dans ces cas, d'une véritable comédie, où les autorités elles-mêmes jouent leur rôle, c'est ce qui résulte de ce fait: les grévistes parfois obtiennent une liberté dont ils n'avaient jamais joui et sont traités par la police avec une courtoisie qui n'est pas dans ses habitudes. La dernière de ces comédies vraiment malhonnêtes fut représentée par un grand industriel de Gênes, M. Figari. Il était pris en contraYention pour une constante violation de la loi sur le travail des enfants -la moins sévère qui existe dans la législation sociale du monde industriel. Eh bien, M. Figari, pour se faire remettre l'amende, ferma une de ses fabriques à Serravalle Serivia. Les ouvriers, condamnés à l'inaction, commencèrent des démonstrations au cri : « Du pain et du travail! » Et M. Figari en arriva à ses fins, c'est cc qui résulte du récit de l'Avanti, de Rome (numéro du 18 février 1898). Et c'est ainsi que les ouvriers sont exploités comme instruments efficaces pour assurer l'impunité de ceux qui violent la loi destinée à les protéger. Les capitalistes étrangers peuvent prendre des leçons auprés des astucieux et impudents industriels italiens. III La Sicile, par sa pos1t10n géographique et par les dons dont la nature voulut l'enrichir, fut la terre de toutes les invasions et de toutes
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==