MOUVJ,:MENTS SOCIAUX EN ITALIE et en coton du Piémont et de la Ligurie. Toutes ces gréves peuvent être considérces comme de bons modèles de lutte pacifique entre le capital et le travail. La dernière grève de Val Sessera, qui dura plusieurs mois (et qui fut l'occasion de la nomination comme député du collège de Cossa te du jeune et intelligent socialiste docteur Dino Rondani), a été l'objet d'une étude consciencieuse de la part d'un jeune économiste impartial et saYant (Einaudi); il a mis en pleine lumière la physiologie des grcvistes; ce sont, en bonne partie, de petits propriétaires, ce qui explique leur longue résistance; ils Yoient mourir leur propriété, ils vont au socialisme. En gcnéral, ce qui manque, c!cst un large courant de sympathie pour les grévistes; en effet, ce qui manque parallèlement en Italie, c'est un grand courant d'opinion publique : les ouvriers de Toscane soulcvcrcnt quelque intérêt; les ouHiers des champs de Sicile excitèrent beaucoup ~!esympathies, mais stériles, et cela non pas dans l'île même, mais dans la bourgeoisie moyenne et instruite de l'Italie septentrionale - comme par un contre-coup de l'instinctive antipathie qu'elle a contre les grands propriétaires, les petits « landlords » du Midi, et contre l'organisation et les relations féodales qui y prévalent encore. Ce fut une sympathie en grande partie politique, et pas mal romantique et littéraire; elle ne se traduisit pas en véritable solidarité, elle n'eut pas d'efficacité économique. Même cette sympathie politique fut en grande partie paralysée par la peur que le gouvernement fit habilement naître à l'époque des « Fasci »: en désignant ces grèves, ces mouvements, comme le levain séparatiste qui pouvait mettre en péril l'unité et l'existence de la nation italienne. Toutes les grèves des centres industriels se terminèrent par la défaite des ouvriers. Inversement les grèves agricoles (qui échouèrent misérablement, avec Arch, en Angleterre, leur pays d'élection) et qui se font d'or,dinaire avec des éléments peu avancés, moralement, politiquement et intellectuellement), maintes fois, en Italie, dans la province de Crémone, de Mantoue, dans l'Emilie, dans la Romagne, dans la Vénitie, elles réussirent, inespérément. La bonté de la cause, l'époque où les grèves eurent lieu (le retard du travail à ce moment eût fait perdre les récoltes aux propriétaires et aux fermiers), l'infatigable activité des socialistes (les députés Costa, Agnini, Prampolini, Gatti et autres qui se multiplièrent et firent des miracles), tout cela explique en grande partie de tels succès; ailleurs, même dans de meilleures conditions d'organisation, on ne pouvait les espérer. Ces succès furent plus rapides et plus importants en Sicile, en faveur des ouvriers des champs, en 1892-93. Ils réussirent à améliorer
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