LA REVUE SOCIALISTE ont jusqu'ici presque toujours fait faillite, faute d'organisation, de caisses de résistance, même rudimentaires; au dernier degré de la misère, ils commencl':rent à se reprendre à partir de 1896, et depuis, en suite de la constitution de la Corn pagnic: anglo-sicilienne des soufres, favorisée par le gouvernement, qui exerça un monopole incomplet, mais réalisa de suffisants bénéfices pourtant en faisant augmenter le prix du soufre enYiron de 90 °/oEn 1896, en Piémont et en Lombardie, les grèves furent plus nombreuses que par le passé; plus de la moitié des gréves eurent lieu dans la seule Italie septentrionale où se trouvent les centres industriels les plus importants; en Lombardie il y eut 72 gréves, plus du tiers du nombre total. En général le nombre des hommes dans les grèves est de beaucoup supérieur à celui des femmes et des enfants; mais en 1896 la grève des ouvriers employés à la confection des chapeaux de paille en Toscane changea les proportions accoutumées. D'autres grèves dignes de remarques prirent place en différents points de la Lombardie, parmi les travailleurs des filanderies et du tissage de la soie. Les enfants grévistes furent plus nombreux en Sicile; en effet, dans les mines de soufre, pour chaque unité de mineur qui abat le minerai, il y a trois ou quatre enfants qui sont chargés de le transporter au dehors sur leurs épaules. En 1896, 32 provinces sur 69 restèrent indemnes de grèves. On peut dire que cette immunité s'étend presque toujours aux provinces de ~a Calabre, de la Pouille, des Abruzzes, de la Basilicate, - toutes dans le Midi, - et du Latium. Dans 2 5 grèves, les ouvriers reçurent des subsides des ligues de résistance, des bourses du travail, des sociétés de secours mutuels, des coopératives. Les associations et les journaux socialistes se montrèrent très actifs à recueillir ces subsides. La plus grande partie de ces subsides vint, entre autres, aux mécaniciens de Milan ( 1896), aux tanneurs de Turin, et actuellement aux ouvriers des industries lainières à Val Sessera (Novare). On doit noter, comme signe de solidarité certaine qui se révéla pour la première fois peut-être parmi les ouniers de Naples, la grève des tanneurs d'un faubourg voisin. En Piémont et en Lombardie, où les industries sont plus développées et l'évolution capitaliste plus accentuée, les grèves ressemblèrent toujours d'avantage aux grèves de France, d'Angleterre, de Belgique. On pourrait en citer un grand nombre, depuis les anciennes grèves de Croce Valle Mosso (Novare) jusqu'à celle des mécaniciens de Milan, des ouvriers en soie de Lombardie, des ouvriers en laine
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