MOUVEMENTS SOCIAUX EN ITALIE terre sous une forme rigidement individualiste, d'autre part celui qui veut que soient respectés et maintenus les biens d'État et les biens communaux sous leur forme de collectivisme agraire primitif. Et dans les sans-travail (grévistes), quelle variété de conditions et quelles coqtradictions ! En voici une, et non des inoindres : on voit choir des grèves bien conçues et bien conduites chez des travailleurs instruits et solidaires; on voit réussir d'autres grèves parmi des paysans sans instruction et dans des centres agraires. La grève - voila la forme la plus moderne et la plus sociale (civile) de la lutte entre ouvriers et patrons - propriétaires ou fermiers du sol, entrepreneurs de grands travaux publics, propriétaires de fabriques; c'est la forme désormais classique de la phase actuelle de l'évolution économique et des manifestations croissantes du contraste d'intérêts entre le capital et le travail. Un coup d'œil d'abord sur les révélations de la statistique; elles sont importantes en elles-mêmes; mais d'autant plus qu'elles viennent d'un honnête enregistreur et d'un expert manieur de chiffres : le professeur Bodio. Ces statisques ne disent pas toute la vérité sur le sujet et même elles pourraient faire soupçonner un état de choses diffèrent de l' ètat réel. Prenons, par exemple, la dernière statistique des grèves, celle de 1896, et interprétons-la. Les grèves furent au nombre de 210; y prirent part 91,05 r ouvriers. Elles augmentent continuellement : de 32 en 1879 a I 39 en 1890 et 2ro en r896. L'augmentation la plus grande est en Sicile : 57 grèves en 1896, 16 seulement en r895. Elles avaient pourtarit été assez nombreuses en 1892-1893, a l'époque des « Fasci ». En 1896, la majeure partie des grèves (47 sur 57) furent faites par les ouvriers des mines de soufre; en 1892-1893, celles des ouvriers des champs furent presque en même proportion. Nulle ne fut plus justifiée que celle des ouvriers des solfatares, car ils recevaient pour un travail très dangereux (pas très long pourtant, la journée de travail est de 5 a 8 heures) un vrai salaire de famine: d~ 50 centimes pour un enfant de huit a douze ans a :f 2, salaire maximum, pour un adulte de vingt a trente ans. Ces salaires de famine étaient la conséquente de fortes baisses sur le prix du soufre, baisse due a l'ignorance, au défaut de direction, a l'égoïsme des industriels et à. la coalition d'une poignée de banquiers exportateurs. Les ouvriers des solfatares auraient dû être dans les meilleures conditions pour organiser une grève, ils sont en effet très nombreux dans tous les centres de travail - des cinquantaines et des centaines de milliers souvent - ils sont suffisamment solidaires entre eux, sinon par la vertu de l'intelligence et de la moralité, du moins par des liens étroits et périlleux, je veux parler de la criminelle mafia. Mais ils
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