La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

MOUVEMENTS SOCIAUX EN ITALIE 401 bas clergé, par les dissensions entre libéraux, par la corruption toute prête des patriotards, par la condescendance et même la complicité du gouvernement monarchique, qui ne demande que de revenir à l'alliance entre le Quirinal et le Vatican, solide base, croit-il, à la dynastie savoyarde ; il ne voit pas quc cette alliance J'humilie et la déshonore sans assurer son sort. Peut-être trouvera-t-on long et superflu cc préambule a une étude sommaire des mouvementssociaux m Italie ces derniéres années. Il me semble pourtant nécessaire; il constitue en effet une synthése qui en fait mieux et plus facilement comprendre la genésc indirecte et médiate. Je crois avoir dit que ces mouvementssociaux ne sont pas du tout identiques dans les régions particulières d'Italie et dans les divers « moments » historiques que traverse le pays; tous pourtant sont l'expression authentique du même malaise général et grave dont est affligée la nation. Ces 11101tve11Iseonctsia1tx présentent des différences résultant de la diversité des conditions et des phases de l'évolution dans lesqHelles se trouvent les régions qui composent le royaume d'Italie. C'est pourquoi là où la culture et l'éducation politique sont plus grandes, là où l'industrie est bien assise, dans le Piémont, en Lombardie, dans la Venétie, dans ]'Émilie, les manifestations à caractére moderne prévalent sur la simple protestation, le cri de souffrance des travailleurs; là on a recours à la grève, aux élections municipales, aux elections de députés républicains ou socialistes. Ailleurs, au contraire - en Sicile, dans la Napolitaine, dans le Latium - on crie : « Vive le Roi!» et on incendie les bâtiments communaux, les bureaux d'impots indirects; on se bat contre la troupe et, pour comble d'inconséquence, dans toutes les élections communales, provinciales ou législatives, on vote pour Jes candidats « à la suite », inféodés à l'ordre actuel de choses, qui, serviles mamcloucks, approuvent les répressions iniques et féroces et même les invoquent. Et voilà comment, en Italie, outre tant d'autres différences intellectuelles, morales et économiques entre les diverses régions, il en est une qui la divise en deux grandes sections : la Sicile et la Sardaigne, la Napolitaine, le Latium représentent l'Italie restée dans la phase spencérienne du militarisme; le Piémont, la Lombardie, la Ligurie, !'Émilie, la Vénétie, sont arrivés déjà à la phase au moins initiale de l'industrialisme; les régions du centre de la Péninsule tiennent le milieu, psychiq uement c9mme géographiquement ( r). (1)La distinction entre le Nord industriel et le Midi militaire est duc au général Marselli, dans les Italims du midi; elle est exacte. A quoi correspondent presque tous les caractères psychiques qui accompagnent les deux phases suivant Spencer.

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