LA REVUE SOCIALISTE amorcement de la question. Les résultats pratiques seront immédiats, ce sera le relévement matériel et moral du prolétariat portugais. P. B. * * * Histoire de la social-démocratie allemande, par Franz MEHRING. Stuttgart. J.-H.-W. Dietz, 1897. Cet ouvrage qui a d'abord paru en livraisons, est une histoire complète du mouvement socialiste en Allemagne. La période contemporaine surtout est intéressante. Le vaste espace parcouru ne permet que de courts chapitres sur chaque point. Mais les résumés sont pleins de faits et bourrés, pour ainsi dire, d'idées. Tels lt:s paragraphes sur le socialisme du philosophismebel esprit « ou plutôt « grand esprit » (pbilosophisch-scho11gitiger). On comprend qu'il s'agit des disciples allemands de l'école française de 1848. Moses Hess et Karl Grün, leurs représentants, sont assez maltraités. Max Stirner, Rodbertus (sur lesquels la récente thèse d~M. Andler vient d'attirer l'attention) sont jugés avec une sévérité bienveillante. Utopistes, mystiques, jongleurs, religiosâtres, esprits fermés pour ne pas dire bouchés au concept de la lutte de classes, ils méritent pourtant un médaillon dans la galerie historique du socialisme qu'on peut appeler le socialisme des limbes. La poésie lyrique socialiste fait l'objet d'un intéressant résumé, avec Karl Beck, Meisner, Lenau, surtout Heine, et le poète non sans valeur dont Heine fit sa « tête de turc », le romantique Freiligrath. Les chapitres consacrés au matérialisme historique, à Frédéric Engds, à Karl Marx, à l'Internationale, sont naturellement parmi les plus instructifs de ce savant ouvrage; on résume toujours avec bonheur ce qu'on connaît à fond et ce qu'on aime jalousement. On a dit que la haine a presque toujours le coup d'œil juste; l'admiration passionnée a souvent le regard profond et pénétrant. Nous persistons à croire qu'une grande œuvre et un grand homme seront toujours mieux compris par ses fervents disciples que par ses détracteurs systématiques. Et c'est aux marxistes qu'il faut, suivant nous, demander l'histoire du marxisme. Nous en avons ici le résumé, non pas à coup sûr définitif, mais certainement magistral, c'est-à-dire fait de main d'ouvrier. P. B. * * * Pietro PEuEGRINI. - I diseredati e i loro diritti. Borgo a Mozzano. N. Vannini; éditeur, 1897 M. Pietro Pellegrini appartient à la grande école de ces novateurs. ou réformateurs fin de siècle qui demandent et proposent des modifications profondes dans le système <le répartition de la richesse, mais en même temps ne savent pas se décider à s'unir avec les socialistes. L'auteur reconnaît que les déshérités, les prolétaires, tous ceux qui, en
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