La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

REVUE DES LIVRES 38r Je travail des enfants et des femmes est manifestement inférieur comme rendement. La raison en est que les enfants et les femmes sont plus maniables. « Les motifs qui nous ont été donnés, disent les concessionnaires du travail, pour justifier cette préférence accordée aux femmes (et aux enfants), sont très variables (et très contradictoires) : C'est d'abord que les femmes sont plus habiles pour certains ouvrages. Ensuite, c'est que les femmes sont plus maniables, plus faciles à contrôler, coûtent moins cher, sont plus sobres, plus faciles à trouver, plus propres, plus industrieuses, plus soigneuses, plus promptes à obéir, plus éducables, moins sujettes aux grèves. » En comparant les statistiques des grèves et !es statistiques du travail des femmes, on voit que cette dernière raison est la bonne. Les meneurs de grèves sont des hommes; les victimes des femmes et des enfants. Teixera BASTOS. P. B. * * * Les Bourses du Travail. - J. Guedes, Lisbonne, 1898 L'auteur, en un coquet petit volume (de la collection !'Idéal moderne, bibliothèque populaire d'orientation socialiste, directeurs Magalhaës Lima et Teixera Bastos), donne, d'après les ouvrages de G. de Molinari, les publications des Bourses du Travail, les articles de la Revue Socialiste, un historique complet de la question, suivi de conclusions dogmatiques. Retenons ce qui concerne le Portugal : C'est en juin 1891 qut:: l'agitation pour la création de bourses du travail en Portugal commença de porter ses fruits. Une partie des recettes provenant de la taxe des passeports fut affectée, sur l'initiative de Lopo Vaz, à la création de bourses du travail à Lisbonne. le journal officiel du 14 juillet 1891 publie un décret qui nomme une commission chargée de poser les bases d'une organisation des bourses du travail. Cette commission élabore en· même temps un règlement sur la production. du travail des femmes et .des enfants. Une crise financière vint interrompre ces projets. Ils furent repris, avec le passage au ministère des t(avaux publics d'un homme intelligent et bien intentionné, Pedro Victor; puis avec son successeur non moins généreusement inspiré, mais trop confiant dans la sincérité de ses collègues, Bernardino Machado; un décret fut signé le 9 mars 1893; il créait une bourse du travail à Lisbonne et une autre à Porto. Du même coup était nommée une commission ~omposée d'ouvriers, de fonctionnaires, de publicistes dont M. Teixera Bastos. Le 25 mai 1893, les travaux de la commission étaient sanctionnés par un décret et un règlement sous le ministère Bernardino Machado. Ce règlement ne diffère pas sensiblement des règlements similaires de France. Malheureusement, cette législation nouvelle ne sortit pas du journal officiel, elle n'entra pas"dans la pratique. Peut-être la fermeture de la bourse du travail à Paris ne fut-elle pas étrangère à cet arrêt. Curieuse et triste répercussiod. Mais ce qui y contribua surtout, ce fut le banquet républicain hispanoportugais tenu à Badajoz vers la même date. Les choses en sont là. Maîs le principe' est introduit en Portugal, et l'auteur attend les meilleurs effets de cet

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