La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

\ 1 r 3,80 LA REVUE SOCIALISTE dessus l'antithèse de l'optimisme et du pessimisme et les concilie en les dominant ; - sur la prétendue impossibilité d'expliquer le fait du christianisme par le matérialisme historique : s'est-on suffisamment appliqué à étudier les conditions économiques dans les histoires les plus célèbres des origines du christianisme ; - sur l'avenir des religions et la religion de l'avenir : le christianisme étant la religion des peuples jusqu'ici les plus civilisés, sa disparition ne laissera place à aucune autre religion; - sur l'avenir social de l'Italie, berceau commun de la civilisation européenne. Par ce trop bref sommaire on voit l'intérêt de ce volume où tant de questions connexes au matérialisme historique sont agitées et dont quelquesunes paraissent même à peu près résolues. P. B. * * * Travail et salaires des femmes et des enfants aux États-Unis, 1895-96. - Washington, Government printing office, 1897. Ce volume continue la série de statistiques dont il a été rendu compte ici même ( 1). Tradidit m1mdum disputationibus eormn. Ces statistiques sont un modèle du genre. Pas de commentaires, rien que des rangées de chiffres, très consciencieusement alignées et très habilement mises en relief. A peine quelques mots d'introduction, juste ce qu'il faut pour aider à la lecture des tables. On e·st bien forcé de tirer soi-même ses propres conclusions. Pour les grèves, la conclusion qui s'impose, à nous du moins, c'est que les grèves, sœurs jadis de la faim, mauvaise conseillère, ont renié leur parenté. Ce sont des manifestations de solidarité sociale avant tout. On y trouve de riches gens ; elles revêtent de plus en plus un caractère politique; elles montent à l'assaut du pouvoir. Un gréviste n'est pas nécessairement un homme qui . couche sous les ponts. En lisant les statistiques des grèves aux États-Unis, on ne peut se défendre d'un sentiment de courage : c'est, en somme, l'Église triomphante. Il n'en est pas de même en parcourant ·les statistiques sur le travail et les salaires, on y vit dans l'Église militante. Cette milice a ses morts et ses blessés obscurs ; il s'agit, on le pense bien, des femmes et des enfants qui ~'ont pas l'honneur des grandes luttes où la souffrance est largement payée par la mise en scène et la mise en œuvre. • Voici quelques chiffres détachés entre beaucoup d'autres. Condition des femmes ouvrières : Sur 79,987, 70,921 non mariées, 6,775 mariées, 2,011 veuves. On sait ce que signifie non mariées. 1 , Condition des enfants (au-dessous de 18 ans) : pour les garçons, augmen_- tation en deux ans de 3,365, soit 80,6 °/o; pour les filles, de 6,008, soi~ 89, l 0/o. Il résulte de ces chiffres, comme le remarque l'Introd11ctio11, que lès enfants et les femmes sont toujours préférés aux hommes par les patrons, quel que soit le genre de travail, malgré l'aveu que font les entrepreneurs que (1) La grève de Chicago.Les causesdes greves. ,.. , ', .

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