La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

A PRQPOS DU MANIFESTE DU PARTI COMMU:-!ISTE 339 tentatives de rapprochement du gouYcmcmcnt italien et du \',1tic.111l,e « christianisme commercial» de Guillaume 11, la politique cléricale des conservateurs belges, coïncident, non pas ,l,·cc une rccrude\cence du sentiment religieux, mais, bien au contraire, a\'CC la déchristi.rnisation croissante des masses populaires, et leur adhésion, de plus en plus ferme, aux principes socialistes. Cc sont les progrès du socialisme qui créent la situation ·anormale que nous venons de décrire, qui maintiennent au pouvoir les partis <lu passé; en rc\'anche, cc sont les progrès <lu capitalisme, qui tendent:.\ détruire leur prééminence, en faisant pénétrer les idées de rénovation sociale, au plus profond des masses agricoles. Partout, en cfTct, le <lé,·cloppcmcnt <lesmoyens <le communication, l'abaissement <lu prix des transports, déracinent, de plus en plus, les paysans <lela glèbe. En lklgiquc, par exemple, les coupons <le semaine pour les ouvriers coûtent moins cher qu'un seul trajet pour les voy.igcurs ordinaires : ces derniers paient 3 fr. 05 pour 50 kilomètres, .iller et rct0ur; les ouvriers ne paient que 2 fr. 25, pour le mt'.:mctrajet, aller et retour, six fois par semaine! :\ussi <lesmilliers <lecampagnards s'en ,·ont, tous les jours, travailler à la ville, et sont remplacés par d'autres tra\'aillcurs, habitant des régions Oll les salaires sont encore plus bas: le même train, par exemple, qui emportl', chaque matin, les ouvriers Je Gembloux, employés dans les charbonnages <lu p,l)'Sde Charleroi, amène,\ Gembloux <lesouvriers fl.munds, du sud <le la province d'Anvers, qui viennent prendre leur place dans les ferme~ <l'alentour. Le même phénoménl.! se reproduit, pour <les périodes plus longues, et sur une plus \',lstc échelle, en Alle111agnc,où les ouvriers camp.lgnarJs de la Saxe, qui s'en vont travailler à Chemnitz et dans les autres centres industriels, sont remplacés, à l'époque de la moisson et des betteraves, par les snckswga11ger, ,·enus des latifuudia Je la Vieille-Prusse, lesquels sont remplacés à leur tour par des ouvriers Polonais, plus misérables encore. Des migrations identiques se produisent en Hongrie, où les Magyars qui vont à Buda-Pesth sont remplacés par des Slovaques ou des Ruthènes; en Italie, où les Piémontais, qui sont nombreux en France, sont remplacés par des manouniers adventices - le plus souvent des femmes. et des enfants - venus des montagnes et du Tessin. Dans les lntif1wdia de la campagne romaine, ce sont les guitti, des va-nu-pieds, descendus des Abruzzes, qui viennent combler les vides laissés par l'émigration vers les villes. Ce qui était jadis une exception, les gangs de travailleurs, dont Karl Marx a décrit la situation misérable, est devenu la régie dans

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