330 LA REVUE SOCIALISTE risme, et le paupérisme s'accroit plus rapidement encore que la population et la richesse » ( r). (Loi d'airain des salaires.) 2° « La petite bourgeoisie, les petits industriels, les marchands, les petits rentiers, les artisans et les paysans propriétaires tombent dans le prolétariat; d'une part, parce que leurs petits capitaux ne leur permettant pas <l'employer les procédés de la grande industrie, ils succombent dans leur concurrence avec les grands capitalistes; d'autre part, parce que leur habileté spéci:ile est dépréciée par les nouveaux modes de production » (2). (Loi de co11ce11tmliocnapitaliste.) 3° « La bourgeoisie, depuis l'ctablissement de la grande industrie et du marché mondial, s'est enfin emparée du pouvoir politique -à l'exclusion des autres classes - dans l'État représentatif moderne. Le gouvernement moderne n'est qu'un comité administratif des affaires de la classe bourgeoise» (3). (Loi de corrélation rie la p11issa11ce éco110111iq11e el politique.) LA LOI o' AIRAIN DES SALAIRES La loi d'airain, de Lassalle, cc lascialeog11sipera,rza du prolétariat moderne, n'est plus qu'une arme de propagande, à peu prcs démodée, une de ces véri!és rancies, dont parle Ibsen, qui finissent par dégénerer en contre-verités absolues. Ce qui était vrai jadis, ne l'est plus aujourd'hui, tout au moins dans les pays les plus aYancés en éYolution industrielle. A l'époque oü Ricardo écrivait ses Pri11cipes d' fco110111ipeolitique (publiés en 1817), le blé coûtait seize et demie fois plus cher qu'avant la guerre contre la France et le blocus continental, tandis que la révolution industrielle avait plutôt réduit le salaire nominal. En 1847, au moment ou Engels et Marx publient le Manifeste, cette dépression des salaires est arrivée à son comble. Les lines bleus du Parlement anglais jettent une clarté sinistre sur la situation des classes ouvrières. Blanqui et Villermé viennent de faire les mêmes constatations pour la France. Dans nos Flandres, la maladie des pommes de terre et la transformation mécanique de l'industrie textile engendrent la famine : deux ouvriers sur cinq, au témoignage de Ducpétiaux, tombent à charge de l'assistance publique. En Silésie et en Bohême, sous l'influence des mêmes causes, le typhus de la faim décime les tisserands. C'est le temps ou Freiligrath écrit R1ïbez..ahl, (1) Le Manifeste d11Parti ro111m1wisle, Bibliothèque populaire du Parti ouvrier belge, n• 4, p. 28, Bruxelles, rue des Sables, 1897. (2) Id., p. 20. (3) Id.' p. 9·
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