La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

UNE LÉGISLATURE combattre Jaurès: les actionnaires de la Banque de France lui en eussent voulu de leur poser quelque condition. QUESTIONS DU TRAVAIL Il n'est point de problème relatif à l'organisation du travail, aux garanties et à l'avenir du travailleur, que le parti socialiste n'ait abordé à la tribune, soit par voie d'interpellation, soit par le dépôt d'une proposition, de 1893 à 1898. Groussier a entrepris une tâche considérable en élaborant un code du travail qui résumerait toutes nos aspirations pour l'heure présente, tout l'effort de transition possible dans le cadre de la société actuelle. Il y a inscrit les deux dispositions capitales que nos mandataires revendiquent depuis des années : le salaire minimum fixé par profession et par région, la journée maxima. La rédaction seule d'un code du travail, la constitution d'un corps unique de lois serait un hommage solennel rendu a la cause ouvrière. Complétée par l'institution d'un ministère du travail - préconisée par Vaillant - elle apparaîtrait au prolétariat comme l'annonce d'une phase nouvelle. On conçoit donc que les factions en possession du pouvoir n'aient marqué que peu de sympathie pour cette double initiative. La question des bureaux de placement a été inscrite à l'ordre du jour de la Chambre au mois de février 1897. Il y avait assez longtemps que nous signalions les· abus du régime en vigueur, établi par l'arbitraire du second Empire, et qui livrait à la rapacité des placeurs, et à leur mauvaise foi, les ouvriers et employés en chômage. Le texte que l'on a élaboré ne vaut guère mieux, hélas! que le décret de Napoléon III. Alors que nos représentants, Guesde, Jourde, Chauvin, se sont ingéniés à assurer aux syndicats et aux bourses du travail le monopole du placement, la Chambre ;a maintenu la liberté des bureaux; c'est dire qu'elle a encouragé les « traitants en salariés », si l'on ose s'exprimer ainsi, a poursuivre leur scandaleuse exploitation. La fixation de la durée maxima de la journée de travail a fait l'objet de plusieurs motions socialistes. En dehors du projet de code de Groussier, Guesde, au mois de mai 1894, et plus tard au mois de mai 1895, a réclamé les huit heures; il n'a obtenu que 95 voix; il est encore revenu à la charge, lors du débat sur !'Exposition de 1900, pour demander l'inscription de la journée maxima dans le cahier des charges. Bien qu'appuyé par Vaillant, il n'a obtenu que la promesse vague de l'inscription de« conditions humaines ». On a su depuis, par les interpellations des nôtres, comment on avait conçu l'humanité au Champ-deMars. Enfin, un _amendement de Vaillant, à la'loi des sucres, établissant

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