La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

320 LA REVUE SOCIALISTE les huit heures dans l'industrie de la raffinerie, n'a groupé que 76 suffrages (31 janvier 1897). Nous n'avons pas fait moins d'efforts pour assurer une équitable réglementation du travail dans l'intérêt des femmes. Lors de la discussion sur le remaniement de la loi du 2 novembre 1897, Guesde a préconisé l'interdiction du travail, avec salaire payé, un mois avant, et un mois apres l'accouchement (u-27 mai 1895). On sait que la violation des droits syndicaux, les persécutions dirigées par les grands patrons contre la liberté des associations ouvrières ont provoqué plusieurs grèves importantes : citons celles du Nord et du Pas-de-Calais, de Treignac, de Carmaux, de la Grand' - Combe. Que de multiples motifs aient contribué à les susciter, nous ne le contestons pas, mais au fond de tous ces conflits, il est indéniable qu'on retrouve l'hostilité traditionnelle de l'employeur pour les groupements de salariés. Jaurès fit voter, en novembre 1895, à 4 voix de majorité, l'urgence sur une proposition garantissant les libertés syndicales; Guesde a soumis à la Chambre un texte qui organise le droit de grève; mais en somme, dans le domaine pratique, aucun élément nouveau n'a été introduit : nos représentants se sont heurtés à une résistance inflexible. On a plutôt marché à rebours du progrès. Le droit d'association a failli être mutilé. La chute du ministère Charles Dupuy, au début de l'année 1894, sur l'interdiction qu'il adressa aux employés des chemins de fer de l'État d'assister à un congrès professionnel, a exaspéré nos adversaires. Trarieux, au mois de mars 1895, soumit au Sénat un libelle qui excluait du bénefice de la loi de 1884 tous les ouvriers et agents de la voie ferrée. Si le dispositif eût passé, c'en eût été fait de la réforme encore si mesquine votee en 1884 : en peu de temps les associations ouvrières fussent retombées sous le joug du code pénal. Heureusement, et bien que le projet Trarieux eût été voté au Sénat, l'énergique attitude de notre parti a écarté ce texte de l'ordre du jour du Palais-Bourbon. De 1893 à 1898, la loi sur les accidents du travail a été ballottée de la Chambre au Sénat. Finalement, et grâce à notre active propagande, on a admis le principe du risque professionnel; on a accueilli également l'indemnite forfaitaire, exclusive de tout litige; mais à l'heure où nous écrivons, le Sénat n'a pas encore tranché le point fondamental de l'organisation de l'assurance. Les dispositions du projet en suspens nous paraissent certes des plus insuffisantes, mais toutefois, pour hâter l'avènement d'un progrès, si minime fût-il, le parti socialiste a fait lire à la Chambre, en octobre 1897, une déclaration d'adhésion au texte que la commission du travail avait préparé. Depuis vingt ans, le problème des retraites· n'a pas fait un pas; le

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