La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

U~E LÉGISLATURE il a rappelé le rôle scandaleux qu'elle avait tenu en 18ïo, ses refus aux justes exigences du gouvernement de la Défense, la lettre fameuse où Gambetta la menaçait de représailles. Comme sanction de sa brillante argumentation, le député de Paris a réclamé l'institution d'une Banque d'État, dont le capital constitutif ne contiendrait aucun apport privé et dont les bénéfices n'iraient pas enrichir l'aristocratie financicre. Sa motion a été rejetée par 422 voix contre II8 (25 mai 1897). Deux autres propositions ont été defendues dans l'intérêt national. Rouanet demandait qu'aucun citoyen français exerçant des fonctions pour le compte de l'étranger ne pût siéger dans le conseil de régence; Millerand, désireux de parer au renouYellement des difficultés de la dernière guerre, réclamait communication du contrat p:issc avec la Banque en prévision d'un conflit europeen. Ces deux amendements furent repoussés (10-14 juin 1897) à des majorités de 60 ;t roo voix. Rouanet a dcposc un texte prononçant l'incompatibilité entre le mandat électif et les fonctions de sous-gouverneur, de régent et de censeur. Mais bien qu'il s'autorisât du succès d'un :irticle analogue visant les fonctions de gouverneur et qu'il justifiât son libellé par les meilleurs arguments, il fut battu. Enfin, Viviani a développé une motion qui eùt bien servi les intérêts du petit commerce : la réduction de trois à deux du nombre des signatures exigées à l'escompte de la Banque. Il obtint 254 voix (17 juin 1897) - mais nos adversaires l'emportèrent de 50. QUESTIONS AGRICOLES Nous avons montré déjà, à plusieurs reprises, au cours de ce tranil, de quelle sympathie le socialisme couvre la democratie paysanne, saisie à son tour et broyée dans l'engrenage capitaliste. Nous avons rappelé et résumé le rôle des nôtres dans cette grande discussion sur la crise agraire, provc,quée par nous, préparée par ,nos enquêtes, et dont le retentissement a été si profond; il nous reste à signaler les interventions de nos représentants dans les divers débats que les intérêts de la culture nationale ont suscités devant le Parlement, leurs différentes motions en faveur du peuple des campagnes. Le I 5 janvier 1894, Jaures réclame l'affectation des 67 millions de la conversion au dégrévement de l'impôt foncier sur la propriété non bâtie; il groupe 266 voix contre 235; il triomphe encore lorsqu'il propose de réserver le bénéfice de cet allégement de charges aux propriétaires cultivant leurs domaines : c'était là - et par anticipation - une stricte application des principes que Deville formula l'hiver dernier. Màis par malheur, la Chambre, aprés avoir adopté les

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