LA REVUE SOCIALISTE réclamé le monopole total de l'alcool, celui de la production, de la rectification et de la vente. Jaurès a d'ailleurs pris bien soin d'établir qu'un pareil systeme n'offrait aucun caractère socialiste et que nous le préconisions uniquement pour aménager avec plus d'équité nos impôts indirects. Le monopole intégral a été repoussé. La législation des octrois a été en partie refondue par la loi du 27 novembre 1897. Le texte invite les communes à supprimer dans le délai d'un an leurs taxes sur les boissons hygiéniques et leur fixe en tous cas un maximum auquel leurs tarifs devront redescendre. Ce n'est la, comme nos amis l'ont démontré, qu'un progrès des plus illusoires. En outre, la question des taxes de remplacement est loin d'être tranchée dans le sens démocratique. Le Parlement donne· le choix aux municipalités entre une nomenclature de mesures compensatrices qu'il a lui-même dressée et toute autre mesure qu'on soumettrait à son approbation; mais dans les deux cas les communes se trouvent enfermées dans le cercle de la fiscalité existante; elles ne sauraient donc aboutir qu'à ce résultat : substituer des impositions injustes à des impositions condamnées. C'est avec une bien autre largeur de vues que le parti socialiste a envisagé le problème de l'octroi. Il a défendu les principes suivants : suppression intégrale et obligatoire des tarifs sur les boissons, les denrées de consommation, etc.; substitution, soit d'une taxe sur la richesse acquise, soit de toute autre taxe adoptée par un référendum communal. Là étaient la vérité, l'équité. Vaillant et Guesde ont proposé à deux reprises cette méthode en novembre 1895 et en décembre I 897. ,Ils n'ont jamais recueilli plus de I 35 voix. BANQUE DE FRANCE Le privilège de la Banque de France, qui expirait à la fin de l'année 1897, a été renouvelé par la loi du 29 décembre dernier. Le pays est donc pour un nouveau laps de temps sous la coupe d'une oligarchie financière qui, en réglant l'escompte, et tout en encaissant des sommes considérables, garde la main-mise sur l'activité nationale. C'est avec le crédit public, comme l'ont lumineusement prouvé les orateurs du parti socialiste, que les actionnaires de la ·rue de la Vrillière continueront à battre monnaie. Pied à pied, notre fraction parlementaire a combattu le texte qu'on soumettait à la Chambre et qui perpétuait une organisation rétrograde. Viviani a fait le procès de la Banque, dans un discours qu'on a lu avec la plus légitime attention. Il .a établi qu'elle sert seulement les grands industriels~ en refusant son concours aux petits ;
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==