UNE LÉGISLATURE tions sociales. Mais le prolétariat ne s'est pas laisse, ne se laissera pas prendre aux déclamations vaines des énergumenes de sacristies qui tronquent et mutilent le plus grand probleme de notre époque et de toutes les époques. Nous combattons et nous exproprierons les capitalistes, de quelque religion qu'ils se réclament, catholiques, juifs et protestants, les Chagot et les Lebaudy, comme les Rothschild ; nous respectons la liberté de pensée, comme l'attribut inattaquable de l'individu. Les cabinets rétrogrades qui ont suspendu la laïcisation et donné carrière au cléricalisme dont ils vivent ont tenté de désorganiser le haut enseignement français. A chacun de leurs essais, à chaque agression dirigée soit contre les droits de l'Université, soit contre les institutions inséparables de la République, le parti socialiste a surgi devant eux. Quand le gouvernement a persécuté les membres de l'enseignement investis de mandats électifs, Thierry Cazes a fait entendre les vérités nécessaires (19 juin 1894) : quand il a interdit aux professeurs de tenir un congres, Mirman a rappelé le :congres catholique de Reims (19 octobre 1896); lorsqu'il a prescrit aux maîtres répétiteurs de convertir leur syndicat en société de secours mutuels, puis dissous leur association, Mirman et Guesde ont protesté contre cette violation d'une liberté établie (9 février, 22 mars 1897). Ce ne sont ni les Rambaud, ni les Charles Dupuy qui étoufferont cette glorieuse franchise du corps enseignant, le seul un peu autonome qui subsiste dans notre systéme centraliste. A tous les degrés, ses membres ont le droit de réclamer notre concours. La ruine de son indépendance serait un coup mortel pour la démocratie. La haute culture est, elle aussi, comme l'a montré Jaures dans un de ses plus beaux discours de cette législature, une garantie essentielle contre les attentats de la réaction. Nous ne serons jamais de ceux qui songeront à la restreindre. Au contraire, nous nous soucions de la développer en tous sens, mais nous voulons y faciliter, y favo_riser l'accession des travailleurs. C'est dans leurs rangs, parmi leurs fils, qu'on •recrutera les intelligences robustes qui portent en elles l'avenir du pays. En demandant et en obtenant, en nov'embre 1897, le rétablissement des bourses secondaires que l'opportunisme voulait supprimer (pour assurer, sans doute, le succés des congréganistes), Vaillant et Guesde ont exprimé notre commune pensée. QUESTIONS FINANCIÈRES Le probléme financier n'a cessé d'être à l'ordre du jour de la Chambre et du pays d'un bout à l'autre de la législature. Aucune partie de notre systéme fiscal,-dont nous ü'essaierons même pas de présenter
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