La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

310 LA REVUE SOCIALISTE notre parti comme sanction de l'instruction parlementaire, fut rejetée par 378 voix contre 73; le débat avait pourtant poussé en pleine lumière l'assujettissement de la puissance publique aux grandes associations financières. Les affaires de Panama et du Sud ont été en quelque sorte le domaine réserve de Roua net; il n'est point besoin de dire avec quelle dextérité et quelle agilité de critique notre ami se meut au milieu du dedale des scellés de toute nature. Plusieurs fois il a mis le cabinet Méline au pied du mur, en exigeant des poursuites contre les parlementaires compromis; le rapport qu'il a rédigé au nom de la commission du Panama· et dont on se rappelle les pages magistrales, sur le baron de Reinach, sur les luttes intestines du conseil d'administration de la Société, restera le chef-d'œuvre du genre. Il s'en dégage l'un des réquisitoires les plus nourris, les plus documentés qu'on ait prononcés contre la société capitaliste et la force politique de l'or. Pour retirer aux syndicataires de l'avenir le bénéfice de l'invraisemblable impunité que l'opportunisme a assurée à ses membres tarés, Sembat a réclamé une juridiction nouvelle. Il a proposé d'instituer un jury national, élu au scrutin ~ liste, par suite indépendant, et chargé d'examiner les délits de trafics de mandats. On devine quel sort a eté fait au projet; la faction, encore maîtresse du pouvoir, redoute la lumière; Sembat n'a réuni en tout que 157 voix contre 355, le 8 avril 1897. ORGANISATION POLITIQUE 1 Notre parti a soutenu une lutte incessante contre les adversaires de la liberté de la presse. On sait avec quel acharnement cette liberté •primordiale, garantie suprême des démocraties, a été combattue depuis 188 r. Elle avait pourtant traversé douze années d'escarmouches incessantes sans subir d'atteinte grave; la législature écoulée lui a porté des coups sensibles. A la suite de l'attentat de Vaillant, ep décembre 1893, et de l'assassinat de Carnot, en juin 1894, des textes restrictifs furent déposés et votés à de très fortes majorités. La loi de répression de 1893 fut adoptée par 413 voix contre 63, presque toutes socialistes. Nos amis se distinguèrent toujours par leur énergique opposition à la correctionnalisation des délits; en mai 1895, Gérault-Richard fit une première tentative pour revenir au régime d'avant 1893; en octobre 1895, Renou, Faberot et Toussaint la renouvelèrent,comptant que Bourgeois, fidèle à sa propre attitude, abrogerait la disposition rétrograde. Mais le chef du parti radical, oublieux de son passé, fit une réponse évasive. La révision constitutionnelle a préoccupé, comme toujours, la

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