LA FAMILLE IDtALE servir. Cet exemple donné par les grandes villes, des villes moindres s'occupent à le suivre, surtout celles ou les socialistes ont conquis le pouvoir municipal. Ces enfants, devenus grands et lancés dans le combat pour la vie, ne retrouveront pas les soins et le travail attrayant qui emplit et charma leurs années scolaires. Ils regretteront les habitudes d'hygiène contractées dans le~r enfance et emploieront toute leur activité de citoyens à réaliser pour tous les hommes faits les conditions d'existence qu'ils ont connues naguère. Ainsi se produira une poussée populaire vers une extension de bien-être obtenue par l'effort collectif. De plus, l'individualisme moral, reflet de l'individualisme économique auquel sont abandonnés surtout ceux qui possèdent peu et ceux qui ne possèdent rien, ne peut s'installer d'une manière absolue dans la conscience contemporaine. Il y est heureusement combattu par un héréditaire sentiment de solidarité qui, pour ne plus trouver satisfaction dans le cercle disloqué de la famille, ne disparaîtra pas mais tentera de se satisfaire sur d'autres objets. A la famille imposée succède ainsi la famille d'élection. Ceux qui ne possèdent rien se choisissent et s'épousent généralement avec une pleine liberté et, si leurs ressources économiques viennent également du salaire, ils se séparent avec la même liberté lorsque l'association a cessé de satisfaire leurs intérêts ou lcui~ sentiments. Il ne faut pas dissimuler que, dans ces cercles de solidarité spontanée et volontaire, la femme trouve moins de sécurité et de protection que dans la famille. Ouvrière, son salaire est généralement inférieur à celui de son associé conjugal; ménagère et mère de famille, occupée aux soins à donner aux enfants, elle tombe tout à fait sous sa dépendance. Attachée légalement ou non, rien ne prémunit contre l'abandon son foyer errant de domicile en domicile loués au trimestre ou au mois. Mobilisés par les déplacements du travail, les ouvriers ne sont que trop incités par l'incerti-. tude de leur situation et, il faut bien le dire, par l'attrait du plaisir, à rompre l'union contractéeen toute liberté dès qu'elle leur devient trop onéreuse ou qu'elle contrarie leurs goûts. La femme paie, dans ce cas, bien chèrement une indépendance qui l'affame en même temps qu'elle brise son cœur. Réciproquement des femmes infidèles quittent le foyer pour suivre un autre homme, parfois même en disant un adieu défini--. tif aux enfants, qu'elles laissent à leur père, pour ne point apporter de charges trop lourdes au nouvel élu. Cet individualisme moral qui rejette tous les devoirs librement acceptés par ceux qui ne savaient au juste en quoi ils consistaient ni s'ils auraient la force de les remplir peut être blâmé par les moralistes de profession. Le sociologue a, lui, une tâche plus utile à accomplir : il doit examiner dans leurs causes ces phénomènes et rechercher !e~ moyens réels et non verbaux de
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