LA GREVE DES MÉCANICIENS 275 ments économiques entassés par les avocats du socialisme et toute leur propagande, n'ont pu faire, cette victoire temporaire des patrons l'a réalisé. C'est maintenant que la bataille va vraiment commencer. Graduellement les forces du travail s'enrégimentent et se préparent à une longue lutte corps à corps. Les forces actives du passé ne paraîtront bientôt plus rien auprès des forces vives que les travailleurs de la Grande-Bretagne vont, à bref Jélai, mettre en liberté. Français, Allemands, Italiens, Autrichiens, Belges, Scandinaves, tous les travailleurs qui ont envoyé si cordialement leurs secours aux mécaniciens pendant la lutte, n'ont pas à redouter que l'argent ait été perdu : d'abord et en toute vérité, il a rempli le but immédiat proposé; mais ensuite il a eu des effets bien supérieurs et Je toute autre portée. Très probablement un succè~ particulariste, individuel, des mécaniciens aurait enraciné leurs tendances particularistes. Aujourd'hui voici qu'ils marchent et fraternisent avec les autres sections du travail organisé, sans distinction d'ouvriers et de manœuvres.' S'ils avaient gagné la bataille, ils auraient probablement gardé leur étroit caractère nationaliste. Aujourd'hui ils vont chercher à s'assurer une communion sincère avec les travailleurs du continent et d'Amérique. Je ne voudrais pas qu'on se méprît sur la façon dont je m'exprime. Mais franchement je suis convaincu que le mouvement ouvrier so.:;ialist~ international a. énormément gagné par la dernière défaite des mécainiciens anglais. Je les connais de très près. Je sais ce qu'ils peuvent obtenir. Plus de vingt fois, durant les dix dernières années, j'ai parcouru les villes industrielles de la Grande-Bretagne. J'ai travaillé comme mécanicien ' en Amérique. Durant ces deux dernières années, j'ai vu les aYocats actifs des intérêts du travail en Allemagne, en Hollande, en Belgique, en France, en Norvège, en Suède, en Danemark. Actuellement, je suis le président de la fédération internationale des ouvriers des ports maritimes et fluviaux (ship docli and river), en constante communication avec les principaux ports du monde. Et c'est avec la conviction puisée dans cette force que j'affirme : la puissance .ouvrière grandit en tout pays. Bien, entendu, il y a des hauts et des bas, mais la marée monte et le déluge noiera bientôt les barrages qui ont arrêté si longtemps le progrès. Le plus grand danger à ma connaissance, c'est que les gouvernements ploutocratiques réussissent à lancer les nations dans une guerre. La guerre sur une large échelle serait un moyen de jeter la démocratie dans un nouvel abîme. Mais la cho,se n'est en aucune façon certaine. Nombreux sont en Angleterre les hommes qui se refuseront à faire le jeu des gouvernements capitalistes, en aidant dans leur entreprise ces '
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