LA REVUE SOCIALISTE peuvent, à l'heure qu'il est, commencer à travailler à mi-journée à partir de onze ans); 5) travail assuré par les autorités locales ou par l'État à toutes les personnes sans travail. C'est là un programme minimum : tous les candidats au Parlement devront s'engager à le défendre; la nouvelle union ne s'occupera pas des questions de libéralisme et de torysme; elle soutiendra ou combattra les candidats, suivant qu'ils accepteront ou n'accepteront pas le programme minimum. S'il arrive que deux candidats acceptent le programme, un nouveau paragraphe sera ajouté, qui départagera les voix : la nationalisation des chemins de fer. Si cc dernier article est encore accepté des deux candidats, autre paragraphe : nationalisation du sol, des moyens de production, de distribution et d'échange. Cet eflort marque le plus haut étiage atteint jusqu'ici par le trade-unionisme avancé en Angleterre. Si cet effort. ·réussit, il est fait pour avoir une grande influence sur les unions existantes. Ici l'opinion des classes moyennes n'est, en aucune manière, favorable à une législation socialiste. Quant à la classe riche, elle est. plus hostile au socialisme que jamais. J'entends dire que beaucoup de savants en France et en Allemagne ont exprimé leur haute approbation des méthodes anglaises : ici, à les en croire, les diffcrentes classes travailleraient de concert. En ma qualité d'Anglais, j'avoue n'avoir jamai~ rien vu qui ressemble à une fusion réelle des classes en ce pays. Nos amis du continent sont déçus sans doute. Ce qui les trompe, c'est ce qu'on appelle les labour men au Parlement britannique. Ces labour men ont pu faire cause commune avec les capitalistes, parce qu'ils sont les soutiens du systéme capitaliste et qu'on se se sert d'eux en conséquence aux temps d'élection. Mais la lutte des classes s'affirme en ce pays. Et quoique nous n'ayons pas encore réussi à envoyer un seul membre au Parlement, les chose6 changeront d'ici peu. Supposons que l'A. S. E. ait gagné la bataille, mettons après sept ou huit semaines, le mouvement ouvrier fût retombé dans les vieilles routines, se serait de nouveau confié aux vieilles méthodes de l'action privée, et les unions auraient de nouveau donné leurs votes aux candidats capitalistes. Les capitalistes ont battu les mécaniciens, mais cette victoire leur coûtera cher. Rien de meilleur ne pouvait arriver pour forcer la pensée des ouvriers grévistes à s'attacher au problème entier que de voir les capitalistes libéraux et les capitalistes conservateurs en étroite coalition, rejetant toute diverge'nce d'opinion apparente, dans le but de couler à fond les modestes demandes du travail organisé .. Voilà qui ouvrira les yeux à bien des gens. Ce que des monceaux d'argu-
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