LA GRÈVE DES MÉCANICIENS 271 En 1896, je fus de nouveau candidat à une élection partielle pour la circonscription· de North Aberdeen, Écosse. Mon concurrent était un certain capitaine Pirie, militaire e~ associé d'un moulin à papier de la circonscription. La famille Pirie s'était signalée par sa dureté envers le trade-unionisme : les heures de travail à l'usine étaient excessives. Je soutenais les principes du colle~tivisme trade-unioniste, ce qui n'empêcha pas le libéral capitaliste et le militaire d'être élu. De nouveau l'an dernier, à Halifax, West Yorkshire, je fus candidat contre un ploutocratique libéral, M. Billson, homme de loi, et contre un riche tory, sir Saville Crossley; le ploutocratique homme de loi fut élu et cette fois encore le trade-unioniste resta en queue de liste. En 1895, aux élections générales, notre camarade trade-unioniste et socialiste Keir Hardie f~lt battu à South West Ham, faubourg de Londres. Une majorité d'ouvriers préféra élire un tory, un patron. En 1896, Keir Hardie se présenta de nouveau pour la circonscription de East Bradford. Il eut pour concurrent un libéral et un tory; Keir Hardie, l'ouvrier socialiste, resta au bas de la liste; le tory, un militaire, un propriétaire, fut élu. Autre encore : en 1895, aux élections générales, M. H.-M. Hyndman, un savant de la plus haute réputation, un homme qui a consacré quinze ans de sa vie à plaider la cause de la social-démocratie, se présentait pour le Parlement à Barnsley, Lancashire. Le candidat libéral-capitaliste lui fut préféré. Ç'a toujours été ainsi, c'est encore ainsi, mais ce ne sera pas toujours ainsi. La défaite des mécaniciens a fait beaucoup pour ouvrir les yeux des travailleurs : ils voient, ce qu'ils auraient dû voir dès longtemps, qu'il leur faut déloger le système capitaliste hors du Parlement, mais aussi dans l'enceinte du Parlement; il est fou de combattre les capitalistes par le moyen des Trade-Unions et de les rendre maitres du pouvoir en les envoyant au Parlement. Jusqu'ici, ç'a toujours été, dans les Trade-Unions, le cri : pas de politique! Maintenant on Yerra de plus en plus s'accroître le nombre de ceux qui réclameront une action politique définie dans le sens du collectivisme. Comme indication de ce changement imminent dans le caractère des Trade- Unions, il est important de noter l'attitude des Trade-Councils. Ces conseils sont composés de délégués des Sociétés ou de leurs branches. Leur but est l'action commune en matières qu'ils considèrent comme affectant immédiatement leurs intérêts mutuels. Or, voici que le Trade-Council de Londres vient de se mettre à la tâche de travailler en accord avec la S. D. F. et l'I. L. P. en' cohésion du reste avec le County-Council de Londres aux élections de mars. La décision des délégués du Trade-Council de recommander
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