La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE d' « endosser» une politique soéialistc ne lie pas les membres des Sociétés : ils ne sont pas tenus à \'Oter pour un socialiste, mais il est de quelque importance de voir les délégués imbus de principes socialistes, car ce qu'endossent aujourd'hui les délégués, nul doute que le gros de l'armée ne l'endosse à son tour un peu plus tard. Un grand nombre des Trade-Councils de province montrent un semblable dégoùt de la réaction et souvent votent dans un sens nettement socialiste; dans tous les cas de cette sorte, cependant, les délégués sont en avance sur la masse. D:rns une autre direction on trouve encore des signes de vigueur et pour ainsi dire de santé : je veux parler du désir croissant d'une fèdération nationale des Trade-U nions. Depuis plusieurs années cette question est discutée. Cette année même divers projets ont été présentés. Je noterai le projet du comité spécial nommé au congres des Trade-Unions de Birmingham, l'an dernier. Personnellement, je doute qu'ayant fort longtemps on s'entende sur un projet vraiment efficace, mais cc qui n'est pas douteux, c'est qu'on reconnaît de plus en plus sa nécessité. Différentes sections de travailleurs se sont déjà fédérées dans certai11sbuts spéciaux et sont en relation régulière avec les ouvriers des mêmes métiers à l'étranger. Par exemple, les ouvriers des filatures agisse11t en commun avec les diverses unions du même corps de métier et tiennent des conférences internationales. Les mineurs, quoiqu'ils 11esoient pas tous nationalement fédérés, tiennent réguliérement des co11grès internationaux. Les ouvriers des industries de transport se sont fédérés en Grande-Bretagne; avec l'aide de plusieurs pays du continent ils ont fondé une fédération internationale, dont la puissance grandit en Europe, en Amérique, en Australie. Pour ma part, j'ai grand espoir dans l'avenir de cette fédération internationale. Je crois qu'elle élargira graduellement son but et qu'avant peu elle deviendra une trés puissante agence d'un caractére international. Je coi11prcnds bien que la loi française interdit au~ syndicats français de se fedérer actuellement avec les travailleurs des autres pays. S'il en est ainsi, il me semble qu'il serait sage que le parti socialiste en France fit de cc point une question de plate-forme électorale, en attendant l'abrogation de la loi contre l'Internationale. Les plus avancés des travailleurs ici sont trés desireux d'avoir une alliance ouvriere définitive avec nos camarades de France. Nous sommes prêts, pour assurer le succcs, à nous mettre à la besogne et en prendre notre bonne part, j'entends aussi par là notre bonne part de dépense; mais surtout pas de retard sans nécessité, espérons-le. La fédération internationale des ouvriers de transport est en constante communication avec les ports de la France, de l'Allemagne,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==