268 LA REVUE SOCIALISTE réduction d'heures ni d'élévation de salaires depuis 1878. Pendant vingt années pleines, ils sont restés tranquilles, en cc qui concerne la moindre amélioration de leur propre condition. Pourtant ils n'avaient pas ménagé leur aide aux districts provinciaux à ce sujet. Mais vint le moment ou, sous la pression de l'opinion publique, le gouvernement dut établir la journée de huit heures et les quarantehuit heures par semaine Jans les arsenaux et les docks nationaux; l'expérience dura deux ans; les fonction na ires déclarércnt publiquement que le systémc marchait d'une façon tout à fait satisfaisante. Dans la suite, plusieurs entreprises privées à Londres et en province mirent à l'essai la journée de huit heures et s'en montrèrent pleinement satisfaits. Alors seulement les ouvriers jugèrent le moment opportun de réclamer la jour~éc générale de huit heures dans l'industrie des mécaniciens i Londres. Le seul argument des employeu1s, tout le long de la grève, fut que l'industrie ne comportait pas les huit heures, que l'industrie émigrerait. Cet argument a été réfuté plus de cent fois, ce qui n'empêcha pas les employeurs de le répéter depuis le commencement jusqu'à la fin. Maintenant, la grande faute de l'A. S. E. fut de ne pas s'être fédérée avec les autres Trade-Unions. C'était la seule façon d'assurer l'unité d'action et d'obtenir une assistance financiért! égale à ses besoins. Aussi des corps de métier puissants, les onvriers des fabriques de chaudières, des chantiers de vaisseaux en fer, n'ont pas fait cause commune avec les mécaniciens; non plus que les ouvriers des fonderies, si bien organisés pourtant. Or, les employeurs savaient l'existence de cet esprit p;irticulariste; de fait, quelques semaines à peine s'étaient écoulées que le secrétaire général des ouvriers en chaudicres, par son attitude très peu sympathique, pour ne pas dire hostile, valut à lui seul comme force contre le mouvement tout un lot de patrons. Les mécaniciens ont toujours été un corps un peu fermé. Ouvriers plus débrouillards que la moyenne? possible; obtenant des salaires relativement élevés, d~ns certains cas, toujours est-il qu'ils se considéraient comme au-dessus des ouvriers ordinaires. Leur propre union comptait 90,000 membres; leurs fonds accumulés montaient, je l'ai dit, à plus de f 300,000. Ils se croyaient, en conséquence, en état de vaincre, même sans être fédérés. Ils comprennent aujourd'hui combien il eût été nécessaire de s'appuyer sur une alliance offensive et défensive avec les autres unions, avec une solide base financière. C'est le seul moyen de faire efficacement face aux organisations capitalistes. Qu'il y eût eu seulement un concert réel entre les trois seules sociétés nommées plus haut : l'A. S. E., les ouvriers en chaudière, les ouvriers en navires de fer, les fondeurs; que ce concert ait abouti à une politique ferme et d'ensemble; je suis convaincu que les em-
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