La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA GRÈVE DES MÊCANICIENS DemocralicFederafion et de la Ligue socialiste. Les plus vieilles sections des trade-unionistes se mirent sur la défensive. Les discussions furent caractérisées par beaucoup d'aigreur. Nombreuses et furieuses furent les batailles entre les collectivistes et les réactionnaires. ·cette agitation conduisit cependant à la campagne des huit heures. Il avait fallu plusieurs années d'efforts quotidiens pour y convertir la majorité des membres de l'A. S.E. Et même, lorsqu'ils furent, aprcs un long siège, contraints, en quelque sorte, a se déclarer en faveur de la semaine de quarante-huit heures, ils s'en tenaient encore, comme moyen de réalisation, à l'effort volontaire des Trade-Unions. Dans la suite, on obtint une sorte de vote de majorité, platonique, en fayeur d'un effort législatif. Mais, dans n'importe quelle union, combien peu de membres avaient la vigueur intellectuelle nécessaire pour maîtriser la question et l'imposer par une action politique indépendante? On peut dire que vers le milieu de l'année dernière, lorsqu'éclata le conflit des mécaniciens, l'attitude de ceux-ci à travers le pays, à Londres en particulier, était favorable à l'action politique en vue d'obtenir la rèduction des heures de travail; mais naturellement il n'y avait aucun espoir sérieux, même lointain, d'amener le Parlement à s'orienter dans cette direction. Lestrade-unionistes anglais en général se sont reposés sur l'effort dit volontaire pour modifier la situation industrielle; ils ont plact surtout leur confiance dans la possession de fonds relativement larges, réserve en cas de grève. Mais depuis 1883 un ferment s'est incessamment développé dans les rangs des Trade-Unions : l'action politique a presque supplanté la grève ; pas tout i fait, pourtant. L'année dernière, au commencement de la lutte, les mécaniciens avaient en caisse :f 350,000. Mais là-dessus :f 70,000 étaient intangibles, réservées i la caisse de la vieillesse. Au cours de la lutte ,un appel fut adressé i toutes les Trade-U nions, et en général au grand puqlic. A l'appel répondit, venant de toutes les sources étrangères, un envoi d'environ f 5,000 par semaine. Mais les mécaniciens qui n'avaient pas été victimes du «lock-out», au nombre d'environ 60,000, et qui étaient membres de l' A. S. E., furent taxés à' une contribution de 3 shillings par semaine et par homme, ce qui, joint à la contribution hebdomadaire à l'union de I shilling 6 deniers par homme, mit dans les caisses de l'union environ :f r r, 500. Cette somme, ajoutée aux f 5,000 de sources étrangères, fit un total de :f 16,500 par semaine, et qui s'éleva même· parfois à :f 19,000 (475,000 francs). Par contre, la dépense était de :f 26,000 par semaine, supportée directement par l'office central de l'A. S.E. D'autre part, les divers comités locaux, dans tout le pays, reçurent une moyenne de 1 ,ooo autres livres, ce qui éleva le montant total des secours distribués aux hommes

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