LA REVUE SOCIALISTE autre, des tentatives forent faites pour fondre toutes les sociétés en une seule fédération nationale englobant le pays entier : le premier essai de ce genre remonte à 1818, un autre eut lieu en 1829. D'autre part, une agitation vigoureuse se produisit en faveur de la « franchise », du droit d'élire un membre au Parlement; de ci de là des discours étaient prononcés, des articles écrits : on y réclamait une action générale capable de supprimer le paupérisme en jetant par dessus bord les clans des landlords et des capitalistes. Mais ce fut surtout grâce à l'influence de Robert Owen (1830) que les trade-unionistes commencèrent à comprendre que les capitalistes non travailleurs vivaient aux dépens de ceux-ci. Et quoique Robert Owen eut pour principal but l'établissement d'un état de société coopératif, il eut une puissante influence sur le mouvement trade-unioniste. De 1829 à 1842 les trade-unionistes firent un grand nombre de tentatives d'un caractcre révolutionnaire; auéune d'elles ne réussit largement. Dès lors les unions se consacrèrent surtout à faire disparaître les incapacités politiques qui les frappaient et à conquérir leur reconnaissance légale. Les chefs du mouvement s'attachèrent à dissiper les préjugés nourris contre eux. Orthodoxie et respectabilité, telles furent la consigne et la mode nouvelles; il s'agissait de grouper solidement, pour chaque corps de métier, des organisations respectives, en évitant la tactique théâtrale et révolutionnaire de la première heure. En 185 r la majorité des unions de section, dans l'industrie des mécaniciens, décida de se fondre en une seule organisation. Alors fut adopté le nom encore en usage : la Société amalgamée des mécaniciens (A. S. E., Amalgamated Societyof Engineers). L'industrie mécanicienne a grandi sans arrêt pendant le siècle : elle a pris une place d'honneur parmi les corps de métier essentiellement nationaux. Les travailleurs mécaniciens, et ceux des métiers apparentés, ont eu des centaines de batailles corps à corps avec leurs employeurs. La première, engagée par l'A. S. E., fut livrée au commencement de 1852, immédiatement aprcs la formation de la Société. L'effort fut dirigé contre le travail aux pièces et les heures supplémentaires systématiques. La lutte dura de janvier à avril 1852; faute d'argent les travailleurs mirent les pouces. Les employeurs refusèrent de reprendre les ouvriers avant qu'ils se fussent individuellement engagés par écrit à ne plus être membres de la Trade-Union. Malgré tout, la Société grandit très rapidement, bientôt elle devint plus nombreuse que jamais. Elle n'a cessé de croître jusqu'au mois de juin dernier, époque du récent conflit : elle comptait alors 93,000 membres. Il est difficile d'expliquer l'attitude toute particulière des tradeunionistes anglais en matière d'action politique. Prenez n'importe
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