La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE ans, afin de sauvegarder l'honneur de la famille, qui est conservé aYec un soin falo1:x. « L'ouvrier agricole, ai-je dit, est d'une sobriété exemplaire. li se nourrit de pain de maïs confectionné par les soins de la ménagére, d'oignons, de raves et de fromage fait avec du petit lait. Rarement il mange de la viande, sauf lorsqu'on abat un bœuf devenu impropre au service de la culture. On ne tue jamais d'ânes, de chevaux ni de mulets, car c'est une viande proscrite par le Coran. Ce mode de nourriture est des plus sains, et le fellah est <l'une constitution assez robuste. « Le fellah est depourvu d'instruction. Cinq pour· cent à peine saYent lire et écrire. Cette ignorance est souvent la cause de cruels mécomptes dans leurs relations d'affaires avec leurs créanciers ou plutàt leurs usuriers, des Grecs généralement, qui prêtent moyennant un intérêt de 30 à 100 °/0 • cc C'est là une situation lamentable dont il faut, à mon avis, rendre responsable le gouYernement, qui, an lieu de faciliter l'instruction, met des obstacles à son développement en élevant les rétributions scolaires' et en limitant le nombre des éléves dans chaque école. Je dois aussi à la vérité de dire que les riches du pays ne mettent guère d'empressement à fonder des écoles privées. Cependant, nous voulons croire que les généreuses et libérales aspirations de la jeunesse égyptienne porteront leurs fruits et que l'on arrivera enfin au résultat si dcsiré : l'instruction largement répandue chez le peuple. » ANGLETERRE De notre correspondant Jules Magny: Fin du lock-out des mécaniciens. - Les mécaniciens sont battus. Tel est le triste résultat d'un conflit qui a duré trente semaines, coûté aux ouvriers bien des priYations et bien des souffrances et appauvri les fonds du syndicat des mécaniciens d'une façon désastreuse. La victoire est restée aux sacs d'écus des patrons coalisés. Toutes formidables que furent les souscriptionscomparativement - elles n'atteignirent pas le chiffre nécessaire pour venir en aide d'une façon suffisante aux 43,600 ouvriers sans ouvrage. Il aurait fallu un grand effort de la part de toutes les trade-unions, un effort suprême, et cet effort n'a pas été fait. La faute en est à ce que les soixante syndicats ouvriers ne sont malheureusement pas fédérés. Puisse cette dure leçon apprendre aux syndicats à se soutenir les uns les autres. Après le résultat du deuxième plébiscite qui fut suivi par la défaite électorale d'un patron fédéré, Sir Christopher Turness, qui se présentait comme candidat libéral ù York (défaite due à l'abstention des électeurs ouvriers), la fédhation nrodifia un peu ses prétentions et proposa des termes moins durs.

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